Accords Mets Vins

Mise en bouche:
Muscadet Sèvre & Maine Sur Lie Tête de cuvée Château de la Preuille 1990:

Nez marqué par les agrumes, puis la fougère, la bouche est minérale et finit sur de belles notes de roche , il manque les notes salines de la dernière bouteille goûtée du même millésime.
































Les vins Blancs


Il fallait  identifier les cinq vins blancs présentés à l'aveugleparmi la liste de 5 appellations (Loire, Alsace, Rhône, Côte de Beaune, Mâconnais ) les placer dans l'ordre de service puis donner son classement par ordre de préférence

1.Riesling GC Kitterlé Domaine Schlumberger 1995 (7 sur 8 degustateurs ont reconnu et placé en 1er :)
Nez minéral, d'agrumes qui pétrole légèrement, la bouche est tendue, d'une belle acidité un peu mordante en finale mais d'un trés bel équilibre sur l'austérité et la droiture.

2.Mâcon Pierreclos "Le Chavigne" Domaine Guffens-Heynen 2001 (8 sur 8 ont reconnu un bourgogne mais 7 dégustateurs l'ont situé en Côte de Beaune,1 seul a reconnu un vin du Maconnais):
Le nez est un magnifique compromis entre l'acidité les notes fines et grillées et les fruits blancs, la classe. La bouche est à la fois riche, légèrement milélée longue et puissante, elle charme par sa profondeur et sa résonnance. Grand Vin.

La dégustation des rouleaux de printemps et des boulettes de poulet à la citronelle fit une grosse sensation sur les vins blancs ; il faut saluer ici la cuisine délicieuse du Traiteur Vietnamien Shuang-Line
Rue des Buisses à Lille.
 

3.Sancerre Cuvée Edmond Domaine Alphonse Mellot 2001 (5 dégustateurs l'ont bien situé en Loire)
Le vin le plus minéral et tendu de la soirée, à la préparation ce fût mon préféré, les agrumes et les notes de silex s'expriment avec précision, la bouche  est florale et tendue sa structure est ciselée, droite sans aucune concession, c'est un vin qui par son amertume et sa tension marque sa noblesse et son austérité.

4.Chassagne-Montrachet 1er cru Morgeot Domaine Leroy 1996 ( 3 degustateurs en ont fait leur vin blanc préféré, 2 seulement l'ont bien situé en Maconnais):
Je le goutais pour le troisième fois, et fidèle aux deux premières expressions ce vin vaut pour sa finesse et sa distinction plus que pour sa puissance, il n'est pas exhubérant. Le nez évolue trés vite des légères notes d'agrumes vers des notes torréfiées de belle allure, la bouche garde une belle acidité et une austérité marquée, je l'ai eu goûté avec plus de densité et de profondeur.

5.Château Grillet 1997 ( deux vins fins de suite,c'était difficile ... et d'ailleurs 1 seul dégustateur l'a situé en Rhône et comme par hasard 5 dégustateurs l'ont pris pour le vin précédent caractérisé lui aussi par la finesse)
Il fallait rester bien concentré pour capter les notes de verveine et de tilleul au nez et s'orienter vers le rhône, certains ont hésité en attendant  les notes d'abricot qui ne sont jamais venues, car en bouche la minéralité , la finesse et la douceur ont vite laissé place à une belle minéralité sur la roche dotée d'un belle amertume.


La concentration et l'engouement manifesté pour ce type d'exercice m'a fait un plaisir presque aussi grand que celui de servir les vins et d'écouter comparer les impressions et les incertitudes des convives
































Les vins Rouges
( servis à l'aveugle, mais dévoilés à chaque bouteille)

1.Côte de Beaune Village Domaine Leroy 1996:
Trés vite identifié comme un pinot noir, la provenance a été plus difficile à trouver, le nez pinote effectivement, sur les fruits rouges, il est serré et dense, la bouche a le même profil, plutôt serrée, dotée d'une belle concentration et d'un fruité d'abord élégant le finale est plutôt dure sans grande envergure, apprécié par certains, ce fût pour moi une petite déception.

2.Côte Rôtie Domaine Guigal 1985:
Et le silence se fit pour la première fois. Dès le premier nez les notes poivrées , le cassis et la minéralité sur la terre mouillée donnent de belles indications, la bouche est puissante tout en gardant un grain fin, elle est dotée de tannins encore bien présents qui tapissent la bouche sur de petits fruits à noyau, et de merveilleuses notes de réglisse. Grand vin de 23 ans.

3. Barolo Gromis la Morra Angelo Gaja 2000:
Dans le genre puissant et fin à la fois ce vin là ne manque pas de caractère ni d'arguments. Le nez sur la cerise amarena est splendide, d'une belle densité, la bouche dotée de fruits murs, est fine aux tannins lisses puis monte progressivement en puissance pour finir sur une explosion de fruits et un élevage fondu d'une grande distinction.Certains ont avancé un vin Italien.

4. Bandol Château Vannières 1998 (Carafé 30 minutes)
Bel accord sur les briques Feta cumin, ce vin qui évolue sur la puissance a de belles note de thym fondues dans un registre animal mais gracieux, la bouche est fraîche, le mourvèdre amène toute sa dynamique et le beau millésime 1998 toute sa fougue et sa longueur. Personne n'a pensé à Bandol...mais plus à un Bordeaux

5. Côte Rôtie Domaine Guigal 1995:
Juste pour voir si le souvenir du 85 goûté précédemment avait marqué les esprits et les papilles, mais à 10 ans de différence c'est un tout autre vin que l'on a goûté, pas encore passé sur des notes tertiaires ni même secondaires il était dans son fruit, juteux, sanguin, et riche. La fin de bouche sur la réglisse pouvait évoquer la fratrie avec le 85 mais l'aîné avait beaucoup plus de classe et de résonnance.

6.Bonnes Mares Domaine Fougeray de Beauclair 1996:
Et le silence se fit pour la deuxième fois. Le nez atypique et d'une forte originalité offrait des notes d'une belle acidité sur l'orange sanguine et des notes d'herbes aromatiques (Thym...) la bouche affichait une belle puissance et une acidité encore bien présente, une finale sur des notes de terres et de poivre firent partir certains en Rhône Nord.
Ce vin a beaucoup d'équilibre, la mache et la puissance d'un grand cru, mais fût trés trés difficile à identifier.

7.Pomerol Trotanoy  1997:
Et le silence se fit pour la troisième fois, sur le plus beau vin rouge de la soirée qui a fait l'unanimité. La robe rubis pourpre et brillante est belle, le nez magnifique de finesse et de distinction sur des notes de prune et de cassis torréfiées, méles de réglisse laisse exploser à l'aération la minéralité sur le gaphite. La bouche est d'une superbe texture qui enchante par sa douceur ,ses tannins sont soyeux ...comme il faut en avoir déjà goûté au moins une fois pour savoir ce que soyeux veut dire ! La finale toujours sur la finesse et la douceur s'accompagne d'une pureté remarquable...magnifique 1997, il me tarde de goûter Trotanoy 1995 à maturité.

8.Vouvray Le Mont Moelleux Domaine Huet 1995:
Le Tiramisu appellait un vin de dessert aux arômes légèrement torréfiés, ce qui fut le cas du Mont 1995, doté d'une bouche minérale, fine et précise, par contre il avait mangé tous ses sucres et passait plus pour un demi-sec, voir un sec, en affirmant une belle acidité qui s'accomodait bien de la texture douce et fruitée du chenin.

9.Gewurztraminer Séléction de Grains Nobles Domaine Hugel 1988:
Le dernier vin de la soirée qui fût également le second dessert! Il affichait des arômes de rhubarbe et de rose envoutants! L'acidité sur les agrumes et le pamplemoussse rose apportent beaucoup de fraîcheur. Onctueux et moelleux en bouche il affiche une liqueur qui envahit le palais de douceurs infinies.Trés grand vin qui avec l'âge commence à gommer l'expression du cépage pour laisser parler la race et la distinction du GC Sporen, sur le premier millésime de la grande trilogie 88.89.90.










































Et pour finir en beauté :Bas Armagnac Laberdolive 1960...
Pour les longues soirées d'hiver en regardant se glacer le massif des Grandes Rousses.
Pour les nuits blanches estivales au chant des grillons Autranais.
Pour les errances solitaires aux portes de la Chapelle de l'Hermite.
Pour chauffer les sens et réchauffer l'âme de douces caresses spiritueuses.

Mises en bouche

Crème glacée de Saint Jacques

Sucettes de foie gras aux graines de pavot bleues

Sabayon d’asperges aux agrumes

1 - Frédéric-Emile 1994 de Trimbach

Première entrée :Macaron d’encre de seiche et crème de poireau

2 - Domaine Roulot Meursault Meix Chavaux 2000

Seconde entrée :

Lotte en croûte d’épices, fenouil et huile de fenouil, poêlée de pamplemousses à l’origan

3 - Château Grillet 1985

Premier plat :Capuccino de parmesan et crème de cuisses de grenouille

4 - It- Toscana- DOCG -Vino nobile di Montepulciano de Pulcino Matassini Ercolani-1985

Deuxième plat :Viande des Grisons et pressée de tapenade au Beaufort

5 - It Venétie - DOC- Valpolicella - Typo "AMARONE" Classico 1999 d' Allegrini

6 - Villa Bella Fracastoro, Amarone della Valpolicella classico 1999

Pré Pré-dessert :Panacotta mangue et framboise

Evidemment sans vin… (histoire de se refaire la bouche)

Desserts :Mangues au gratin ,Pêches rôties au tilleul ,Ananas en meringue

7 - Sauternes La Tour Blanche, 1990

8 - Sauternes Rabaud Promis, 1990

Café, thé, capuccino ou tisane, et mignardises


1- Le Frédéric-Emile,1994 présente un nez de bergamote, de citron. Il subit une légère

inflexion végétale mentholée. En bouche, il reprend les flaveurs agrumées en les précisant vers le pamplemousse, et décline son identité professorale en pontifiant dans les registres d’une minéralité soutenue qui cingle la langue, bat l’estrade dans les moindres recoins pour accorder droiture, maintien, et longueur. Efficacité de la férule du maître, pour un véritable plaisir en bouche.

Des trois mises en bouche, celle qui incontestablement a obéi à la baguette est le sabayon d’asperges vertes. Celui-ci a été confectionné avec le jus d’orange. Le zeste que j’ai émincé et confit a apporté croquant et consistance. Les deux autres mets préprandiaux convenaient tout aussi bien (le foie gras au pavot est divertissant et combine agréablement son gras au Riesling).

2- Le Meix Chavaux de Roulot,2000 est un vin affûté, regorgeant de cette

minéralité plutôt rarement ressentie dans les Meursault. Nul aspect lacté, ni au nez ni en bouche.Volontiers atypique dans une tessiture aromatique étroite, à peine florale,

mais cette discrétion lui confère élégance etfinesse. Un regret : on se serait attendu à une présence en bouche plus soutenue.Assorti du macaron à l’encre de seiche et au beurre de poireau, il s’arrondit,se domestique…se dote de l’esprit murisaltien, en raison du beurre et de l’amande qui le complètent en bouche. (D’ailleurs l’amande se fait davantage sentir le lendemain… j’ai donc regretté que le carafage n’ait pas été plus long). L’encre de seiche était extrêmement discrète, et n’a pratiquement contribué qu’à parfaire de sa coque noire l’esthétisme d’un plat en dégradé de vert.

3- Le château Grillet, 1985 …UNE MERVEILLE !!!

Un vin loquace, profus, capable de vous emmener dans un chalet finnois empli

d’odeurs de hareng, de cendre, de cèdre, devous retenir sur les falaises granitiques  bretonnes jonchées de varech et aux embruns iodés, de vous rappeler les infâmes boîtes métalliques des sardines à l’huile dont on se régale pourtant autour d’un brasero d’aiguilles de pin ! Le vin exprime le meilleur du pire, et poursuit son envoûtement en bouche par d’étonnantes sensations d’huître, d’agrume, de noisette et de crème fraîche.
Un maintien en bouche savoureux, complet, débordant d’épices anisées, ample, et d’une

concentration vigoureuse mais aussi pleinede finesse et de fraîcheur. Il a été servi avec un pavé de lotte rôti aux épices et accompagné d’une poêlée de pamplemousses, suprêmes que j’avais dégorgés depuis plusieurs heures avec de l’origan. L’accord a fait l’unanimité. La lotte était parfumée à l’huile d’olive au fenouil et il n’est aucune épice qui n’ait délesté le vin de son verbiage aromal.

4- Le Vino nobile de Montepulciano Erco Matassini 1985 et le
5- Valpolicella Classico 1999 de chez Allegrini
ont été servis en même temps, pour des épousailles dentesques ou éndéniques avec
des cuisses de grenouille au parmesan puis avec de la viande des Grisons au Beaufort
.






















Le Pulcino Matassini Ercolani
acquiert en raison de sa maturité la conformationaromatique des vinsmadérisés… Seulement il a plus d’un tour dans son sac ! … et j’aiunesensibilité particulière pour les vieux beaux qui gagnent du bel âge distinction et raffinement. Aussi m’ensorcelle-t-il d’un balsamique fruité, de kirsch, d’amande amère et de thé fumé, aussi explore-t-il l’exotisme de la quintonine et del’orange confite. Labouche est festive, immédiate, courte sans doute, mais c’est qu’on lui en demande trop, car bien que saturée de bouffées de tabac et du craquement du cuir… rien ne nuit à la tonicité, ni au maintien de l’acidité et de la fraîcheur. Son compagnon, le ValpolicellaClassico, est superbe de fruits et de croquant… Nez de froment ou de sarrasin, odeur de graphite et d’encre, et bouche
sucrailleuse et vive de chocolat Mon Chéri puis de cacao. Tension buccale, rectitude et tanins fuselés bien présents. Deux vins diamétralementopposés. Le meilleur accord parmi les quatre combinaisons proposées aété celui vécu par ce Valpolicella et la viande des Grisons. Affectivement, j’ai pourtant bien approuvé les saveurs toscanes du Pulcino sur ce même plat. La sauce était parfumée d’huiled’argan (découverte très récemment… elle crée des prodiges en cuisine) au jus de poulet, et admettait totalement le fumé quelque peu rancioté dece 85 !Comparaison avec un second Amarone

























6-
le Villa Bella Fracastoro,1999.
Nez agrumé, très épicé (poivre et baie de Setchouan), branche de sureau, écume de cassis cuit, rose et jasmin. La bouche est plus ronde que pour le précédent Amarone, plus acidulée, plus expressive, et n’est pas en reste de réglisse, de caramel et de torréfaction. Les tanins souples et soyeux font danser la sarabande aux fruits frais et rouges, en particulier la framboise, et la cerise.Ce vin n’a pas été accompagné de plat… il a juste permis de plaisir de la dégustation et de la confrontation avec ses deux précédents compatriotes.

 
Entracte vinique… avant l’intermède culinaire d’une panacotta à la framboise et à la
mangue servie avec des cigarettes russes fourrées à la framboise

Les trois desserts ont été servis en même temps. Les coques de meringues étaient parfumées à la vanille et au jus d’ananas, l’ananas était nappé de cette même
meringue,mais à l’italienne, les pêches étaient saupoudrées de feuilles de tilleul, puis rôties, et le sabayon de mangue était confectionné avec de la liqueur Merlet de pêches de vigne. Les saveurs se complétaient donc.

Les deux Sauternes ont donc tout naturellement été offerts simultanément (ils ont été dissimulés pour tenter de convenir du meilleur accord). Mathématiquement, six combinaisons d’accords. Poétiquement, correspondances baudelairiennes infinies des esculences fruitées et florales avec les vins…Et… dois-je le confesser… je suis incapable de me prononcer sur le plus beau mariage du verre et de l’assiette

 

L’harmonie gustative est bien là, magnifique, exubérante parfois. Les meringues,disposées à la nage dans le sabayon, se fondaient délicatement, dansl’éclosion d’un fruit frais ragaillardissant l’acidité et la fraîcheur des vins. Plaisir buccal des consistances,celle des chairs souples des fruits, celle du croquant de la meringue et des feuilles de thélégèrement caramélisées, et celle dumoelleux du sabayon.

7- La Tour B lanche,, 1990,est admirable. Etonnant. En raison de notes  odorantes très douces de sève de pin. La  liqueur est imposante, fraîche, et prescriptive  d’une tenue en bouche tendue, raide, mais  digne et pleine d’allégeance pour la subtilité du fruit. Pour moi, un vin magnifique.

8- Rabaud Promis,, 1990Je le retrouve  tel que je l’avais découvert : exhalaison  florale de magnolia, d’encens, d’encaustique  et en bouche, le croquant de l’ananas, de  l’orange confite et de la pâte sablée. Le  lendemain, les saveurs sont celles du calisson d’Aix, et je retrouve la marmelade de melon. Peut-être, mais rien n’est moins sûr, la pêche confite. Plus de rondeur que pour le précédent, un équilibre remarquable pour une longueur des plus satisfaisantes, partition baroque de RP pour contrer le classicisme de La TB. Deux grands vins, et s’il m’a été difficile réellement de m’annoncer pour l’un ou pour l’autre en terme de meilleure alliance, sans doute est-ce en raison d’un coeur zélateur desSauternes… Tous me plongent dans la philosophie mystique qu’inspire la complétude aromatique associée à la volupté du trait en bouche. Pour autant, et donc plus unanimement, les mangues se sont davantage appréciées avec le RB.


CONCLUSION

D’abord, je tiens à remercier mes commensaux (s’ils me lisent…).
Vibrante et ardente
discussion animée par la passion et le plaisir de nous retrouver.

Ensuite, à la tentative oecuméniste des cuisses de grenouille au parmesan et de l’Amarone,nos assiettes se sont trouvées en totale rupture, et ont crié à l’hérésie et à la forfaiture ! Je souhaitais donc m’excuser d’avoir imposé une telle gabegie !

Mention spéciale, et unanime, pour Château Grillet avec la lotte rôtie… mais tous les vins ont eu l’approbation de leur générosité et de leur charme. Découverte des fragiles appas du Meursault de Roulot qu’il s’est agi d’apprivoiser sur une assiette à la fois sobre en saveur, mais riche en texture.

 


 

 

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