EDV calais

..... par Christophe Lefebvre 

Hier soir donc, rendez-vous était pris pour une dégustation chez Fabrice. Nous lui avions, Hervé et moi, fourni une liste de vins dans laquelle il pouvait piocher et adapter un menu autour de ces bouteilles.

Furent nominées:

Chablis Premier Cru Montée de Tonnerre 1997, Raveneau,
Chablis Grand Cru Les Blanchots 2002, Laroche,
Chateauneuf du Pape Beaucastel blanc 1998,
(Pinot noir L'Aide Mémoire 2005, domaine Bornard en vin du Jura, à l'aveugle) non sélectionné mais amené en invité surprise,
Bourgueil La Petite Cave 2002, Yannick Amirault,
Nuits Saint George Clos des Porrets 1999, Gouges,
Bandol Longue Garde 2001, JP Gaussen,
(Faugéres Jadis 2005, Léon Barral, en aveugle également),
Rivesaltes Rancio Tuilé 1996, Chateau de Nouvelles.


Pour accompagner cette jolie sélection, Fabrice et Sophie nous ont préparé un menu digne d'un excellent restaurant. Quelques agapes, avec un peu de "Vignola 2006 blanc" vin de Corse Calvi en guise de mise en bouche. Puis arrive déjà la premiére belle bouteille: Montée de Tonnerre 1997 par Raveneau. Bouteille carafée 1 heure par Hervé. Premier nez sans appel, la bouteille est bouchonnée...Derriére le liége, nous avons trouvé un peu de noisette, et une belle matiére malheureusement gâchée en bouche...Ma premiére expérience avec Raveneau aura tourné court! pale

Fabrice nous sert alors l'entrée. Saint Jacques façon hamburger, farci avec un mélange de champignons, sauce au beurre, à l'échalotte et au vin blanc, cerfeuil et gros sel. Divin!!! La cuisson des noix de Saint Jacques étaient idéal, un vrai régal et l'accord avec le Chablis GC Blanchots 2002 de Laroche était parfait. La sauce excitait l'acidité du vin, un vin au nez encore un peu marqué par l'élevage avec des notes de réglisse et de pain grillé, mais également du citron confit, du beurre frais, puis à l'aération, du miel de bruyére. Un nez pas hyper expressif mais vraiment classe! La bouche est grasse, puissante, pas vraiment marqué Chablis, il manquait pour cela une pointe de minéralité et d'acidité, mais quel vin! Ajoutez à cela une finale qui s'étire longuement sur le gras et une matiére fine et ciselée et vous obtenez une superbe bouteille, que j'aimerais beaucoup regoûter d'ici 10 ans!!! Et cet accord avec les Saint Jacques...j'ai adoré!

Puis vint Beaucastel blanc 1998. Une bouteille dont Didier doit se souvenir Wink , acheté par ses soins en VAE. La robe est trés évoluée, tirant sur le vieil or. Le nez est à des kilométres de ce à quoi je m'attendais, avec des notes oxydatives. En aveugle, je serais parti sur un vieux Vouvray moelleux ou demi-sec...En bouche, c'était un mélange de Vin Jaune et de Vouvray avec une pointe de sucre résiduel... scratch Fabrice et Hervé ont bien aimé, voire adoré. Sophie et moi étions plus partagé. Pas mon style, je m'attendais à autre chose...

Fabrice qui avait préparé des braises dans sa cheminée, commença alors la cuisson de 2 côtes à l'os sur lesdites braises. En tant que charognard converti, j'en avais la bave aux lévres!! Very Happy

En accompagnement de cette viande de boeuf, servie avec des pommes de terre en pelure et haricots verts, je décide de servir le premier vin à l'aveugle. Non carafé, il était au tout début un peu alcooleux au nez et en bouche. Aprés une légére aération, mes compéres ont aisément reconnu le pinot noir, par ses notes terreuses et d'épices. Par contre, la robe assez soutenue et une pointe d'acidité les détourne de la Bourgogne. Fabrice avance même un assemblage pinot/syrah. Que nenni! Je découvre alors la bouteille et nous découvrons un pinot noir du Jura, la cuvée "L'Aide-Mémoire" 2005 du domaine Bornard. La concentration de matiére est intéressante, probablement inhabituelle dans cette région. Trés beau vin au final, à l'excellent rapport Q/P qui m'avait tapé dans l'oeil lorsque je suis allé à la fête des vignerons de Pupillin, malheureusement ma derniére bouteille...J'ai trouvé l'accord avec le boeuf trés intéressant, la matiére juteuse à souhait et épicé emmenait bien l'ensemble et résistait à la sauce "vinaigrette améliorée".

Nous avons ensuite servi le Bourgueil "La Petite Cave" 2002 de Yannick Amirault. Jolie bouteille, l'élevage est digéré. Nez sanguin et légérement foxé, belle matiére et belle concentration. Accord sympa avec la viande mais qui jouait dans le même registre. Je dois avouer que j'avais arrêté de prendre des notes à ce moment-là...

Cette bouteille fut suivie du NSG 1er cru Clos des Porrets 1999 de Gouges. Bouteille à la jeunesse insolente, pas le moindre signe de vieillissement. Il faut dire qu'elle a été conservée dans des conditions trés proches de l'optimale, dans la cave de Daniel Bécu. Difficile de donner 10 ans à ce vin, tant il est marqué par la fraicheur et le fruit, impressionnant! Typé pinot avec une bouche marquée par la framboise, les épices et un peu de terre. J'aime beaucoup. La matiére et la concentration nous font dire que ce vin a un avenir énorme. C'est déjà un régal, mais l'imaginer avec quelques notes tertiaires nous donne trés envie de le regoûter dans 10 ans. Il va falloir que je repasse à la Cave de la Crosse moi!

Vint ensuite un Bandol, Longue Garde 2001 de JP Gaussen. Nous avons chaussé des gencives et des papilles "modéle renforcé" pour nous y attaquer!!! Laughing Vindiou!! C'est pas un vin de femme ça!! Grosse matiére trés expressive. Grosse concentration et grosse puissance aromatique, tout est là pour être trés optimiste sur son avenir. En l'état, trop jeune je pense et un peu brut de décoffrage. C'est moi qui suis reparti avec, je le regoûte ce midi sur un poulet rôti.

Je me décide enfin à servir la seconde bouteille en aveugle, qui aurait peut-être dû passer avant le Bandol, mais comme au final nous avons pas mal discuté entre ces deux vins...ça allait. Robe assez soutenue, jeune, grenat aux reflets violines. Nez assez marqué par l'olive qui oriente vers un assemblage à bonne proportion de syrah (en fait, il s'agit d'un assemblage de carignan, syrah et grenache.) Le nez est d'une térs belle complexité, avec des notes de fraise, de cuir, de garrigue...trés élégant. En bouche, la fraicheur nous éloigne de son apellation, Fabrice propose un Rhône Nord. De jolis notes de garrigue cotoient une matiére dense et des tannins serrés mais trés fins, un régal! Je découvre alors la bouteille: Jadis 2005 par Léon Barral. Pour moi, la bouteille de la soirée, superbe d'élégance et de complexité, j'en rachéterai si j'en ai l'occasion!

Vint enfin, avec en guise d'accompagnement un Calais, spécialité locale au moka et café, le Rivesaltes Rancio 1996 du Chateau de Nouvelles. Le dessert était un peu trop sucré pour que l'accord se fasse réellement. Trés jolie bouteille néanmoins, au rapport prix/plaisir impressionnant et qui a magnifiquement fermé le pas de cette trés belle dégustation.

Un trés grand merci à Fabrice et Sophie pour cette invitation et le temps passé aux fourneaux pour nous régaler. Merci à vous tous pour ce trés bon moment passé en votre compagnie.


Christophe




Vos réactions et commentaires sur les accords mets-vins de cette belle soirée sur:
http://entreamisdu62.forumchti.com/vous-avez-goute-impressions-sur-un-vinbof-ou-super-f1/degustation-digne-d-un-etoile-chez-fabrice-hier-soir-t154.htm#679

J'ai passé un très agréable moment d'échange et de partage entre deux verres et trois  bons vivants … avec pour pour studieuse complice, Andréa.

Je retrouvais Hervé toujours aussi accueillant et prévenant envers ses invités, Je rencontrais pour la première  fois Fabrice,  dont Christophe m'avait parlé lors d'une précédente rencontre…Christophe qui justement brillait par son absence, retenu  avec des amis venus de Rouen…" mais ne t'inquiète pas Christophe !... nous n'avons pas bu la Chapelle 1980 qui t'était destinée"

Le temps pour Andrea et Hervé de préparer les plateaux de fromages et de charcuteries achetés le matin même au marché du coin…le temps d'échanger Hervé et moi Barbaresco de Pelisserro et Gevrey-Chambertin de Claude Dugat...et nous nous mettions d'accord sur l'ordre des bouteilles, avant d'entamer la dégustation  qui suit :

1. Chassagne- Montrachet Blanc 1er cru les Caillerets Domaine Marc Colin & fils 2003

Petites notes de réduction au nez, malgré le carafage de 30 Minutes d’Hervé, sur des notes grillées plaisantes et bien accompagnées d'une acidité fine, l'ensemble ne manque pas de charme et ne renie pas ses origines Bourguignonnes.

La puissance en début de bouche…puis la rondeur et le miel d'acacia s'affirment en ambassadeur du millésime...bien mieux qu'une fin de bouche plutôt austère en manque de splendeur et de volume…

Ce fléchissement en finale donne un vin compris comme large et charmeur plus que complexe et profond …manquant de coffre et de standing vu son prix 30e et la réputation du domaine.

Hervé nous confiait avoir a bu le 2001 sur une autre complexité, beaucoup plus précis, minéral, et  tendu, et voici le commentaire de ce 2003 lors de la dernière dégustation faite chez Hervé en Mars 2008:

"...Robe dorée aux reflets verts Nez d'une belle acidité sur l'acacia, puis sur les notes torréfiées allant de la noisette aux grillés ,belle dominante sur la fraîcheur.
C'est tendu, à l'aération de très belles acidités sur l'abricot sec apparaissent. Très beau nez. Bouche vive, franche, florale, chèvrefeuille pour Hervé avec de belles saveurs de pêche blanche pour Christophe, le gras en milieu de bouche embellit l'ensemble et l'équilibre de ce beau vin, c'est peut-être la seule concession qu'il fait à la richesse du millésime 2003.Très beau vin.."

2. Saint-Aubin Rouge 1er cru  "Non filtré" 2003 Domaine Marc Colin & Fils 2003

Robe claire très bourguignonne. Premier nez sur un fruité pur qui pinote sur la violette, et la pivoine pour Fabrice…beau nez fin.

La bouche d'abord sur une entame sévère, compacte pour Hervé, s'étoffe à l'aération d’une belle fraîcheur atypique du millésime, pour afficher un fruité pur et une fin de bouche fleurie, la réglisse en finale est toute aussi agréable pour un vin d'un excellent rapport qualité prix à 10€

3 Brunello di Montalcino Podere Plan di Comte Talenti 1985 ( 25e en Italie)

Robe trouble provenant certainement d’un vin non filtré, évoluée et portant sur l’acajou. Nez puissant de cassis et de cerise griotte, minéral sur la terre, frais et profond…nous attendons la bouche avec l’espoir qu’elle apporte autant de fraîcheur… ce qui se confirme sur de belles notes sudistes de pruneau, un grain fin très tertiaire qui évolue en finale sur des notes de Zan marquées. J’ai pris beaucoup de plaisir à déguster ce Sangiovese de Montalcino … et je vais essayer de m’en procurer sur d’autres millésimes pour le goûter plus jeune : 1990, 1997, 2001…trois autres grands millésimes par exemple.

La discussion s’emballe sur les notes tertiaires ; et  s’envole vers des sommets improbables : « … On devrait faire un jour une dégustation de Vison…. » ...
… Andrea doit peut-être se demander quoi !!!!!

4.Margaux  3ème Cru Classé Château Giscours 2000 ( carafé 2 h par Fabrice)

La robe est noire, pourpre. Le nez d’une belle fraîcheur marquée par le poivron, s’accompagne d’un fruité puissant, dense et de riches notes de mûre, Fabrice le trouve encore sur la retenue, la bouche s’avère riche et racée sans avoir c’est vrai, cette distinction margalienne, il a cependant une amplitude et une structure superbe très Bordelaise que j’apprécie, les années devraient lui apporter l’étoffe et le velouté qui plait tant ! A revoir dans 5 ans puisque la RVF donne comme indication de garde : à boire entre 2005 et 2015.

5.Jurançon Clos Uroulat Charles Hours 2006

Ce vin bu jeune, étonne par sa fraîcheur et son éclat sur un beau nez d’agrumes, citron, mangue…la bouche est fluide, très digeste sans aucune surcharge de sucre, la finale sur la mangue encore et les fruits blancs donne cette trame fraîche et fruitée qui donne envie d’en reprendre… l’équilibre d’un beau vin de plaisir et de gâterie

Suite à une discussion sur la passion partagée que nous avons tous trois pour le Jurançon Domaine De Souch de Mme Yvonne HEGOBURU…les accords mets -vins nous amènent alors vers la pêche…et c’est à ce moment précis qu’Hervé saisit l’occasion de placer une blague comme à l’accoutumée :
 
« …connais-tu la spécificité du Bar ?... »

Le Tiramisu arrive alors pour donner cette touche de chocolat/Café et une mâche tendre et fondante sur une saveur Amareto superbe, accompagné du  Rivesaltes Ambré de Valérie Guérin Domaine des Cents vignes 2000 qui en dehors du premier nez très alcooleux, sur des arômes de cognac, n’a pour lui que d’aider à digérer le fabuleux Tiramisu d’Andrea ;

Merci à vous trois pour cette belle après-midi de rencontre vineuse et de plaisir partagé… dés que c’est possible et si vous m’invitez encore j’essaierai d’être présent …dans l’attente de vous recevoir un jour à Mons en Baroeul

Tout d'abord merci de l'accueil chaleureux, de ce moment d'intimité et de plaisir partagé.
Il n'y a que le vin pour unir des gens qui ne se connaissaient pas ou trés peu et qui au bout de cinq minutes discutent de leur ressenti avec autant de simplicité, de sincérité,, dans l'unique but de partager une passion commune, en livrant aux autres ses impressions les plus intimes en matière de dégustation.
...merci tout particulièrement Hervé de m'avoir accueilli chez toi et d'avoir permis ce beau moment d'échange...

Nous aurions pu déguster 10 vins, tellement notre hôte avait envie de nous faire partager certaines bouteilles de sa cave, la raison l'a emporté et notre choix s'est fixé sur 3 blancs et 3 rouges , présentés ci-desssous dans l'ordre de dégustation:

1. Chassagne Montrachet 1
er cru les Caillerets Marc Colin
& Fils 2003

Robe dorée aux reflets verts

Nez d'une belle acidité sur l'acacia, puis sur les notes torréfiées allant de la noisette aux grillés ,belle dominante sur la fraîcheur.

C'est tendu , à l'aération de très belles acidités sur l'abricot sec apparaissent. Très beau nez.

Bouche vive, franche, florale, chèvrefeuille pour Hervé avec de belles saveurs de pêche blanche pour Christophe, le gras en milieu de bouche embellit l'ensemble et l'équilibre de ce beau vin, c'est peut-être la seule concession qu'il fait à la richesse du millésime 2003.

Très beau vin.

 

2.Vouvray Clos du Bourg Sec Huet 2001

Robe plus foncée que la précédente.

Nez de chenin bien mûr, très miel d'acacia, l'équilibre entre l'acidité et les saveurs miellées est bien en place.

La bouche est sur la réserve, on sent que tout est là mais qu'il lui manque du temps pour que la fraîcheur, l'acidité, les notes salines et le coing se fondent et se marient harmonieusement.

Le temps révèlera certainement une grande bouteille.

Superbe accord sur le chèvre frais de Bourlinghem...merci hervé!

 

3. Vouvray Clos du Bourg Demi-Sec Huet 1983

Robe dorée, brillante magnifique.

Premier nez grillé qui évolue très vite sur le champignon frais, la truffe blanche, le nez est puissant, complexe et en constante évolution pour passer ensuite sur des encaustiques très classes.

L'acidité de la première bouche fait place à une texture douce en bouche que j'apprécie beaucoup, c'est la vinification en 1/2 sec qui s'exprime ici au-delà des notes de miel, de coing et qui finit en apothéose sur des saveurs salines où la minéralité du Clos du Bourg, s'exprime pleinement.

Beau moment de dégustation...

Nous entamons la petite série des vins rouges:

 

4.Minervois Les Cendrons Domaine de Mirausse 2006

Robe foncée.

Nez serré, confit qui laisse échapper des notes d'olive rappelant la syrah.

Bouche puissante, dotée de riches saveurs de fruits rouges. Ce vin a beaucoup de matière, sans aucune lourdeur, mais il est pour moi plus large que long, plus exubérant que complexe.

 

5.Saint Emilion Château Trottevielle 1er Cru Classé 2001 ( carafé deux heures)

Robe violine.

Nez sur le cassis, la groseille, la vanille et les arômes grillés qui rappellent un élevage encore présent. C'est classieux !

La bouche également sur l’acidité de la groseille, garde des tannins très présents, pas encore fondus et laisse apparaître en finale des notes de bois légèrement asséchantes, perception qui s'estompe à l'aération dans le verre. En s'attardant encore sur le nez ,les notes de grillés et de cassis s'harmonisent à merveille, fidèle à la distinction des grands Vins de Bordeaux.

Ce 1er cru classé de 2001 issu d'un beau millésime classique, est encore très jeune, mais donne déjà bien du plaisir.

 

6.Maury de Mas Amiel Vintage Réserve 2001

Robe noire ou presque.

Nez confit, puissant.

Bouche chargée en alcool mais d'un beau fruit sur la cerise confite puis le pruneau.

Beaux amers en fin de bouche qui appellent le chocolat.

Très bon accord sur la crème au chocolat d'Hervé.

Au plaisir de se retrouver entre deux verres...

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