Le nez dans l'abricot:  Typicité Bourguignonne... une approche complexe


   altavia2             

 

La question posée: comment identifier un Puligny-Montrachet? différencier un Meursault d’un Chablis, ou un Nuits d’un Beaune ?... suppose déjà que c’est possible !... et tenter d’y répondre peut paraître prétentieux !

S'il est logique de vouloir comprendre la typicité Bourguignonne… croire par contre à des différences toujours identifiables, définitives et développer des certitudes… est utopique et simpliste.

Nous éviterons donc de tomber dans le piège du conformisme qui cloisonne une appellation dans une analyse simple et facile… nous tenterons  d’expliquer que s’il y a une réelle variété des sols bourguignons qui justifie la diversité de ses terroirs… autant de vignerons  que de savoirs faire…  et autant de nuances que de millésimes…
… Il y a également pour tout amateur (dans le sens passionné du terme)  une réelle difficulté à percevoir ces différences et ces nuances dans le verre.

La Bourgogne est complexe, c’est ce qui fait son charme !

 
La nature du terroir bourguignon est fondamentalement calcaire (hormis le Beaujolais au
sous-sol granitique), sur ces formations calcaires se développent des variétés de sols qui composent les terroirs.
Chablis porte sur des calcaires et marnes à exogyres (petites huîtres fossiles) du Kimméridgien... le calcaire blanc de Chablis.
La côte de Beaune porte sur les roches calcaires, avec des marnes plus ou moins siliceuses.
La côte de Nuits, essentiellement calcaire porte sur des calcaires à entroques riches en fragments de fossiles, des calcaires de Prémeaux à rognons siliceux et des calcaires blancs sous les calcaires compacts de Comblanchien.
La côte Chalonnaise et le Mâconnais, sont composés de failles multiples qui découpent les sols, ces failles font coexister argiles, calcaires marnes et grès.

4 vins blancs respectivement de Chablis au nord, de Meursault en Côte de Beaune et du Mâconnais au sud... le quatrième vin, présenté à l'aveugle provenait d'une des trois appellations précédentes.

1. Chablis Grand Cru Vaudésir Nicolas Potel 2000
Premier nez harmonieux sur de légères notes de brioche, et des agrumes fins. La bouche est tout d'abord portée par des notes acidulées qui évoluent vers une belle fraîcheur citronnée. Vin d'une tension relative, surtout marquée par un bel équilibre entre la texture douce, fluide et la finale droite et précise
.

2. Meursault Les Tessons 2003 Domaine Buisson-Charles
Finesse et précision caractérisent ce vin, dès le nez la fraîcheur vanillée développe un charme certain, la bouche est dotée d'une belle minéralité fine : tension et précision donnent une trame plus longue que large tout en dentelle.


3. Macon Pierreclos  1er cru Le Chavigne Domaine Guffens-Heynen 2001
Superbes arômes minéraux et grillés, pierre à fusil silex et agrumes en substance... une petite merveille qui prouve une fois de plus, que le Maconnais  a de grands terroirs et de grands vignerons. La bouche possède une acicité mure équilibrée par une puissance qui n'a d'égal que son raffinement... qui s'amplifie en bouche comme une queue de paon... ce 2001 retransmet avec perfection la puissance de son terroir et la droiture du millésime.

4. Meursault 1er Cru Les Charmes Domaine Buisson-Charles 2003 ... même appellation, même domaine et même millésime que le N°2 mais sur un 1er cru de référence à Meursault
...les avis furent partagés et comme d'habitude dans cette situation... rapidement dévoilés ou changeants... mais tous les dégustateurs concentrés, attentifs et tendus pour certains.... vers les arômes et saveurs du verre... furent impatients de découvrir la bouteille.
Les arômes du 1er Cru Les Charmes, plus complexes et minéraux que le Meursault Tessons, portaient de fines notes vanillées, une acidité mure et une bouche toujours marquée par la délicatesse mais avec une touche supplémentaire de distinction par le gras en bouche et la longueur persistante.

Altavia 22


4 vins rouges respectivement de Givry en Côte Chalonnaise au sud, de  Pommard en Côte de Beaune et de Chambolle-Musigny en Côte de Nuits... le quatrième vin, présenté à l'aveugle provenait d'une des trois Côtes précédentes

 5ème vin. Givry 1er cru Clos de la Servoisine Domaine Joblot 2002
 Robe violine marquant de légers signes d'évolution, très joli nez fruité sur la cerise mûre qui évolue sur la cerise griotte et une acidité fraîche. La bouche développe à l'entame un fruité persistant, la structure en bouche est vive et dotée d'une grosse acidité qui gêne beaucoup de dégustateurs.

6.Chambolle-Musigny 1er cru Domaine Jadot 2002
Robe moins évoluée et plus brillante que le vin précédent, plus en dentelle et en retenue, sur les petits fruits rouges et cerise à l'eau de vie. La bouche a une belle énergie servie par une acidité bien au service du vin, des tannins fondus et une structure plutôt élégante mais sans grande puissance... on ne peut pas tout avoir !

7.Pommard 1er cru Clos des Epeneaux Domaine Comte Armand 2000
Robe plus foncée, nez dense, expressif sur des fruits noirs et notes de graphite remarquables de race. On monte en puissance de bouche, en personnalité et en résonance, grande longueur et finale qui marque les esprits et le palais. Grand vin d'un des plus grands domaines de Pommard et de Bourgogne.

8.Gevrey-Chambertin 1er cru les Lavaux-Saint-Jacques Domaine Louis Jadot 2001
Ce vin de la côte de Nuits à la robe aussi foncée que le vin précédent, développe une puissance et une concentration saisissante au nez, tout en affirmant une belle élégance en bouche. Le nez  avant tout épicé et fruité développe des arômes de cassis et de poivre. La bouche est la plus juteuse de la série avec une résonance longue et suave, une belle maturité surprenante pour un millésime plutôt jugé austère en Bourgogne... grand terroir des Lavaux Saint Jacques...

Atavia 23

Les deux derniers vins de Pommard et Gevrey-Chambertin ont éclaboussé de leur classe la série des rouges... avec une préférence marquée pour le Clos des Epeneaux ... et des nuances loin d'être évidentes entre tous les vins de la série... le débat sur les acidités fraîches, vives et mures et les équilibres qui en découlent furent très intéressants.

Pour les vins blancs, le Mâcon Pierreclos Chavigne a presque fait l'unanimité avec les deux Meursault Tesssons et Charmes du Domaine Buisson-Charles... la minéralité dans son
expression graphite, pierre à fusil, silex et la tension des vins secs... a éveillé l'intérêt des dégustateurs.

9.Quarts de Chaume Château Bellerive 2002...  pour finir sur une douceur
Réputé pour sa finesse et la justesse des équilibres sucres résiduels/acidité, ce domaine fait
des Quarts de Chaume que l'on peut aborder jeunes sans subir trop de charge sucrée . Nez de mandarine, patte de coing, agrumes. La bouche étonne par sa finesse et son acidité qui s'exprime plus en longueur qu'en largeur... sur un rôti trés délicat.

... le charme et la classe des Chenins de Loire... tout un programme à développer dans une prochaine dégustation entre amis du " Nez dans l'abricot "

Altavia 21

Retour à l'accueil

Recherche

Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés