Domaine de Trévallon  

Pour mettre un terme nostalgique à la féérie provençale et tenter de faire taire le joyeux champ lancinant des cigales qui convertirait à l'hédonisme un moine Trappiste rêvant de douceurs !... n'ayant malheureusement pu me rendre à Trevallon cet été...  je décide aujourd'hui de redonner la liberté à deux jeunes filles du domaine enfermées en cave le Blanc et le Rouge 2006.

Les informations évoquées par Eloi Dürrbach et les photographies sont tirées du site du Domaine de Trevallon... la dégustation de ces deux vins est un début de réponse à la question posée et vient compléter l'expérience déjà réalisée avec Trevallon Rouge 2000.


presentation gauche Le domaine de Trevallon est un endroit magique situé sur la commune de Saint-Etienne-du-Grès, dans le département des Bouches-du-Rhône, à 25 km au sud d’Avignon et à 7 km à l’ouest de Saint-Rémy-de-Provence, sur le versant nord des Alpilles. Un massif calcaire aux crêtes déchiquetées évoquant « des roches grecques » comme l’écrivait le poète provençal Frédéric Mistral. La vigne est parfaitement intégrée à ce paysage envoûtant de garrigue. Elle y côtoie les chênes verts, les oliviers et les amandiers.

La première chose qui saisit le visiteur, en arrivant au domaine de Trevallon, est cette roche calcaire, d’un blanc éclatant, aux formes éclatées, se découpant à vif dans un ciel à l’atmosphère transparente. Le contraste est d’ailleurs impressionnant entre les vignes tirées au cordeau et le plissement sauvage de la roche. « Les Alpilles sont un endroit magique, avoue Eloi Dürrbach.J’en suis littéralement tombé amoureux ».

Trevallon Rouge 2000. Nez complexe et magique sur la rose fanée, frais, puis apparaissent les notes de sous-bois qui évoluent sur la truffe le tout enrobé discrètement par un boisé délicat... la bouche est chargée de fruit et d'énergie, d'acidité mure et de zestes, finale poivrée, toucher de bouche glissant d'une fraîcheur évidente.

 

 

 

 

 

Le vignoble de Trevallon s’étend dans cette nature vivante et préservée sur 20 ha disséminés autour d’un mas aux volets bleu ciel : 15 ha de rouges composés à parts égales de cabernet sauvignon et de syrah. Et 2 ha de blancs constitués de 45 % de marsanne, 45 % de roussanne et de 10 % de chardonnay

Le domaine de Trevallon a acquis de nos jours une telle renommée qu’on en oublie parfois que sa création est assez récente. Précurseur de la renaissance du vignoble des Baux, Eloi Dürrbach a planté les premières vignes dans les Alpilles en 1973. « Mon père René Dürrbach qui était un ami du peintre Albert Gleizes, un des fondateurs du cubisme, venait en vacances chez lui, à Saint-Rémy-de-Provence, dans les années 1950, raconte Eloi Dürrbach. Nous vivions à l’époque à Cavalaire, sur la Côte d’Azur, où je suis né. 


presentation droite Mon père souhaitait trouver un lieu plus paisible et a acheté en 1955 le mas de Trevallon avec 60 ha de garrigue. A l’époque il n’y avait aucune culture, à part des cailloux. Mais mon père a toujours pensé que ce serait un excellent endroit pour faire du vin. Au début des années 1970, je faisais des études d’architecture aux Beaux Arts, à Paris et j’ai tout plaqué pour venir planter de la vigne ici. C’était en 1973 ! » 

Des travaux titanesques sont alors entrepris pour gagner de l’espace sur la garrigue. 
Et créer de toute pièce des parcelles de vignes. Des rochers sont dynamités, les sols travaillés en profondeur et les éclats de roches mélangés à la terre. Durant l’hiver 1973, Eloi Dürrbach peut enfin planter ses 3 premiers hectares de vignes. C’est en 1976 que le premier millésime de Trevallon verra le jour.


« Pourquoi a-t-on planté du cabernet sauvignon et de la syrah à Trevallon ? C’est un peu un concours de circonstances explique Eloi Dürrbach. Mon père connaissant bien Georges Brunet, le propriétaire du Château Vignelaure, à côté d’Aix-en-Provence qui a été un pionnier du cabernet sauvignon en Provence. Il avait lu dans l’ « Etude des vignobles de France », écrit par le docteur Jules Guyot, un agronome de grande renommée de la seconde moitié du XIXe siècle, que le cabernet sauvignon existait en Provence avant la crise du phylloxera et qu’assemblé avec de la syrah, il pouvait donner d’excellents vins.

 

presentation gauche 02  En effet, dans cette partie des Alpilles, le cabernet sauvignon possède une typicité particulière. Il est très épicé avec des arômes de cannelle et de poivre. Seul, il est un peu austère avec une forme de tanins sévères. La syrah lui apporte justement du moelleux. Comme nous sommes dans la partie nord des Alpilles qui est plus froide, la syrah mûrit tardivement et n’a pas le côté confit des syrahs du sud de la France.. Mais plutôt le caractère minéral de la vallée du Rhône septentrionale. Les deux cépages s’associent merveilleusement et c’est vraiment l’assemblage des deux qui fait le style Trevallon ! »

 

Trevallon rouge 2006. Vin qui embaume les notes florales épicées très provençales, au charme ravageur et persistant sur la violette. La bouche développe des tannins puissants, sur un grain soyeux, une bouche précise et vibrante et une persistance de réglisse digne des plus grandes Syrahs. Comme un compromis élégant entre la finesse et la fougue, ce vin a une typicité propre et beaucoup de caractère.

 


 

 

 

 

presentation droite 03  Trevallon Blanc 2006 . Ce vin réalisé a base de Roussanne et de Marsanne rivalise de profondeur et de précision avec les plus grandes cuvées du Rhône Sud. Ses notes fraîches, finement anisées ont une grande énergie qui se marie avec la complexité des fruits blancs dans un équilibre presque magique entre l'alcool et l'acidité, la texture paraît riche mais se fond dans une austérité fine d'une grande justesse.

 

 

 

 

 

Cette exposition Nord favorise également la grande fraîcheur des blancs du domaine de Trevallon. Elle procure au cépage marsanne une minéralité et une élégance comparables à celle que l’on retrouve dans l’Hermitage. Quant à la roussanne qu’Eloi Dürrbach a replanté et qui avait presque disparu des Baux de Provence, elle se caractérise par son acidité et des arômes de verveine, de citronnelle et de chèvrefeuille. « Depuis 1998, nous avons un peu de chardonnay que je rajoute à hauteur de 10 % dans les blancs. C’est un peu un liant pour moi, précise Eloi Dürrbach, comme on rajoute du poivre et du sel dans un plat ».

 

 

 

Voici une vidéo tournée par l'équipe du "Vin devant soi" cavistes sur Avignon:



L’aventure de Trevallon initiée il ya plus de 30 ans par Floriane et Eloi Dürrbach , accompagnés désormais par leurs enfants, transporte et fait rêver de nombreux dégustateurs... les vins du Domaine sont incontournables dans cette région et font partie des grands vins de terroir Français.

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