Pour étayer mes propos de la dernière dégustation des "Meursault" et notamment celle du 1er cru les
Charmes du Domainne Mikulski, voici l'histoire et l'avenir de
cette magnifique appellation selon Laurent Gotti ( Bourgogne aujourd'hui) et Patrick Essa
(dégustateurs.com)
"...Voilà une question sensible qui émerge sous la plume de Laurent
Gotti dans le dernier numéro de Bourgogne Aujourd'hui que je vous recommande. Plusieurs éléments expliquent ceci alors qu'incontestablement les climats Perrières dessous, Charmes dessus et
Genevrières dessus méritent largement ce classement..."
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Les négociants largement propriétaires dans la Côte de Beaune et s'y approvisionnant ne souhaitaient pas payer
au prix fort tous les vins de grande qualité. Ils valaient mieux pour eux "positionner" Montrachet et ses satellites en grands crus et Meursault en "premiers crus". Cela créait une hiérarchie
commerciale acceptable : peu de grands crus et beaucoup de premiers crus.D'autant que la montagne de Corton ( beaucoup de grands crus blancs et rouges ) lui appartenait largement. Les
acteurs de la création des AOC au début des années trente ont enterriné une partie des souhaits de Charles Bouchard et du négoce en définissant des classes "invisibles" au sein de
crus visibles voulus par les vignerons...on a ménagé la chèvre et le chou.
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L'existence dans cette commune importante de trois syndicats de vignerons aux opinions diverses au moment du
classement des grands crus. Il semble nettement qu'ils n'aient pas réussi à s'entendre pour définir ce qui devait être classé. Les intérêts politiques et particuliers ayant plombés alors les
"négociations."
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Les climats de Meursault sont étendus et seuls une partie de ceux-ci méritaient un classement en grand cru, il
aurait fallu déclasser certaines parties des lieux dits ( et surtout Charmes dessous ). En place de celà on a largement délimité en premier cru ( une partie des Gruyaches appartenant
principalement à un homme influent se sont vus classés en premiers crus alors qu'ils n'étaient que des troisièmes cuvées depuis des décennies) pour faire passer un peu mieux la "pilule"
!
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Le nom de Meursault est aujourd'hui sur toutes les étiquettes de crus vendus dans la commune et "sonne"
aussi bien que Montrachet. Le souci de préserver ce nom communal depuis toujours ( aucun nom de cru associé au village comme à Volnay, Pommard et Monthelie) a aussi eu son influence. Puligny et
Chassagne - et ce n'est pas un jugement mais un constat - sont ainsi médiatisés sur le nom de leur cru principal, mais moins connus pour leur nom "communal".
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Les rendements autorisés sont supérieurs en premiers crus, c'est un avantage important pour les petites
propriétés qui exploitent ses petites parcelles de vignes en fermage et qui partagent la récolte en deux ou sur la base 1/3 - 2/3 des fermiers.
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Le vigneron de base souffre aujourd'hui du prix démesuré des terres des meilleurs crus car peu nombreuses
( sur le plan des classements) elles focalisent l'attention de l'acheteur toujours en quête du mieux. On peut dire que de ce point de vue c'est une parfaite réussite de la mécanique
commerciale, mais aussi une parfaite stratégie pour faire courber l'échine aux petites propriétés...
En résumé Perrières devrait être grand cru dans son ensemble en compagnie de Charmes
dessus et de Genevrières, si l'on avait classé comme à Corton. Mais on pourrait aussi y inclure La Goutte d'Or ( j'en suis vraiment plus que certain en dépit des nombreuses critiques
infondées de ce cru) , les Pucelles, les Combettes, le Champ Canet la partie basse des Folatières et tout le Caillerets avec les Demoiselle..."
Patrick Essa