Partager l'article ! "Le nez dans l'abricot"... et dans les crus classés de Bordeaux: La réputation et la capacité de garde des crus classés ...
La réputation et la capacité de garde des crus classés de Bordeaux sont elles justifiées ?
Nous avons dégusté neufs grands vins et crus classés sur six appellations majeures de Bordeaux : Haut-Médoc, Pauillac, St Julien, Pessac-Léognan, St Emilion, et Sauternes en voyageant de 1966 à 2002 :
Deux vins blancs : mises en bouche pour alerter les papilles
1. Pessac-Léognan Château de Rochemorin André Lurton 2007. Nez dominé par le sauvignon sur des notes de buis et sureau, belle fraîcheur en bouche et finale marquée par l’amande fraîche.
2. Pessac-léognan Château Cabannieux 1984 ;Vin teinté d’ une belle oxydation, nez de noix fraîche et amande, bouche aux notes de sous-bois, et mousseron, finale chaude et puissante, le vin est marqué par une évolution certaine, mais garde encore beaucoup de caractère.
Pessac-Léognan
1. Château Pape Clément Grand Cru Classé 1997. Nez dense et énergique sur une fraîcheur mentholée, poivronée , et fruits rouges. La bouche développe un fruit précis, teintée de notes de ronce et des tannins serrés que l’austérité boisée en finale dessert légèrement.
2. Château Haut-Bailly Grand Cru Classé 1966. Robe tuilée foncée…beau nez tertiaire sur un vin encore bien en place, ce qui est rare ! mousseron, terre mouillée, musc, cuir … encore très masculin ; la bouche saisit par sa finesse, tannins soyeux, notes de cerise et fraîcheur mentholée … très belle surprise.
St Julien
Comparer le même vin sur deux millésimes est une démarche intéressante car analyser les robes , les arômes et les saveurs peut instruire la mémoires de chacun pour les dégustations à venir.
3. Château Léoville Poyferré 2ème cru classé 1986. Robe tuilée aux reflets pourpre. Nez puissant et distingué à la fois, charmeur et hautement expressif, volubile et complexe il évolue vite des arômes de fruits rouges, aux notes de cuir et de cèdre. La bouche est dotée de tannins fins et d’une matière à la fois riche longue et persistante. La finale s'exprime sur de superbes notes vanillées. Grand vin étalon dans une dégustation de Bordeaux !
4. Léoville Poyferré 2ème cru classé 2002 . Robe violine, foncée et brillante. Nez fruité, riche puissant doté d’une belle acidité persistante. Le potentiel de ce vin est indéniable, sa richesse de texture dévoile un vin de grande envergure encore contenu par un élevage noble qui se révélera comme son aîné de 1986 après une longue garde et beaucoup de patience
Pauillac :
5. Château Pichon-Longueville Comtesse de Lalande 2ème Cru classé 1978 . Nez intense et fumé, fruits rouges et petits grillés à l’aération… poudre de riz. Une merveille de grand Bordeaux à la fois structuré, distingué et de grand caractère. La bouche conserve sur ce très beau millésime une tension vive, une acidité fine et un équilibre remarquable… la douceur en bouche et la persistance en finale marquent les esprits. Grand vin fin, hautement distingué !
6. Château Mouton-Rothschild 1 er Cru Classé 1994. Un autre sommet de la dégustation mais dans un registre différent. Richement doté de fruits rouges, épices, tabac blond le nez est puissant et intense, finement vanillé. La bouche garde cette trame tannique, fraîche et énergique, ce vin est structuré pour défier le temps, il est entier, profond et doté d’une intensité qui mérite des louanges à la hauteur de sa réputation !
St Emilion
7. Château Beauséjour-Bécot 1er cru classé B 1996 .En matière d’intensité et de puissance, le 1er C.C de St Emilion n’est pas en reste ! il a une acidité plus vive au nez , une belle minéralité et une profondeur remarquable. Le Merlot dans sa plus grande noblesse, patine les saveurs de tannins fins, soyeux, caressant le palais, tout en conservant une grande persistance sur de belles notes de réglisse en finale. Vin puissant et charmeur !
Haut-Médoc :
8. Château Sociando-Mallet 1989. Belles notes légèrement grillées, cerise, cassis, un charme fou et un caractère bien trempé. La bouche dévoile un vin à la fois fin et structuré, encore gorgé de fruits, mais toujours soucieux de rester délicat. Vin de grande allure, qui, sur ce beau millésime confirme qu’il évolue dans la cour des 2ème ou 3ème Crus Classés du Médoc… avec toujours autant de régularité !
Sauternes
9. Château Suidiraud 1er cru classé 1985. Robe dorée. Nez d’agrumes sur la mandarine, les fruits confits et de superbes notes rôties. La bouche s’équilibre merveilleusement entre la liqueur et l’acidité fine , ce qui caractérise un grand Sautenes qui a digéré élevage et sucre et exprime toute sa grandeur : une merveilleuse douceur synonyme de plaisir et d’enchantement… et si on y est enclin, de recueillement !
Nous avons apprécié à la dégustation des vins antérieurs aux millésimes 90, la bonne tenue visuelle, aromatique et gustative des vins de 1966,1978,1986 et 1989 avec des textures qui s’adoucissent avec la garde et gagnent en complexité.
Les millésimes moins évolués 1994, 1996,1997 (pourtant réputé pour un millésime plutôt souple et fruité) et 2002 conservent à ce stade une trame tannique et une fougue remarquable.
Haut Bailly 1966, Pichon Longueville Comtesse de Lalande 1978 et Léoville Poyferré 1986 ont apporté des réponses concrètes, Mouton Rothschild 1994 et Beauséjour Bécot 1996 sont deux belles expressions de la richesse de structure des crus classés de Bordeaux. Sociando Mallet 1989 prouve une fois de plus la belle réputation de ce château. Le Sauternes Suidiraud 1985 malgré ses 25 ans est encore plein de promesses.
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