Partager l'article ! Château Grillet et Condrieu... souvenirs de dégustateur: Château Grillet est un ...
Château Grillet est un vin d'initié, qu'il faut aller chercher,
il ne se livre pas facilement mais l'attention qu'on lui porte est récompensée par une finesse, une tension et une complexité rarement égalée, si ce n'est peut-être par les grands Riesling.
Une insolente jeunesse...une droiture, une tension fine et une austérité au service du vin ...des robes d'une clarté constante ... et une classe folle! …sont les atouts majeurs de ce vin
rare.
Contour de Deponcins François Villard 2006 : vin d’entame aromatique et charmeur, d’une belle franchise sur un nez d’abricot ; la fraîcheur en bouche équilibre sa jeune rondeur. Son harmonie avec la sucette de foie gras est un poème de bouche.
Grillet 1999 est un vin doté d'une belle acidité, et d'une bouche marquante par la matière, où la pureté ressort avec évidence. Ce vin a un très beau potentiel.
Grillet 1990 est la « quintessence de Grillet » à la fois délicat, subtil et doté d'une puissance en finale, envoutante. La bouche a un beau
gras et l'ensemble une très belle maturité ; la longueur est évidente et la classe qu’il dégage le rend inoubliable. La verrine de carottes à l’orange confite se mariait très bien avec la
maturité et la finale du Grillet 1990
Grillet 1996 fidèle au millésime est marqué par une minéralité tout d'abord superbe au nez puis une acidité fine sur l’abricot sec et une constance
en bouche linéaire et tranchante. L’accord sur le carpaccio de saint jacques, la gelée d’huitre et le céleri, restera pour moi un souvenir de bouche magnifique… merci Isabelle
Grillet 1985 est mon préféré s'il en faut un !... robe un peu plus jaune que les autres, notes légèrement grillées réduites puis iodées à
l’aération, une bouche d'une belle complexité et une maturité juste qui donne en entame une impression de rondeur, de suite reprise par une tension et une austérité en finale sur la longueur.
C’est un vin intime, qui se chuchote comme une confidence amoureuse !
Placé en intermède entre les deux séries le Condrieu Coteau de Vernon 1983 de Grorges Vernay a une robe évoluée, dorée et brillante,
Vernon a la rondeur et la richesse requise des vins issus de vendanges plus tardives tout en étant sec et tendu en finale, une superbe complexité.
Grilet 1994 et Grillet 1997 marquent l’entrée dans la série des « Grillet relativement plus riches » … si la
richesse n’a pas été démontrée réellement car la minéralité et la tension priment toujours ! J’ai trouvé ici les deux vins les plus sudistes de la soirée sur des notes fines de fruits blancs
et d’abricot ; une belle matière en bouche et un gras certain surtout sur le 1994. Le 1997 à table, comme à l’ouverture avait cette ressemblance évidente avec un Hermitage, au niveau de sa
texture plus épaisse, son austérité très Marsanne et une puissance en finale bien marquée. Cette bouteille a peut-être moins la distinction classique de Grillet, mais un caractère bien
trempé.
La texture fondante du bar et la minéralité fine de Grillet donnent une harmonie de bouche saisissante.
Grillet 1995 a suscité des interrogations à l’ouverture, marqué par l’oxydoréduction je ne l’avais pas jugé présentable au regard du thème, malgré sa
capacité intrinsèque indiscutable… Isabelle trouva dans ces notes d’oxydation fine une occasion extraordinaire de séduire sur ce côté atypique les amateurs de vins non ouillés …. Et la séduction
a opéré à merveille ! le vin à table, tout en gardant ses caractéristiques propres, gagna en acidité fine et en minéralité magnifiée d’une belle persistance en finale.
Grillet 2001 à la robe claire et limpide est peut-être le plus éloquent de la série, sur de beaux agrumes, la bouche est à la fois tranchante et
charmeuse, les agrumes, citron pamplemousse accentuent la dimension tendue de ce vin qui a une grande complexité, et la puissance de la jeunesse
éternelle.
Le fondant de la pomme de ris de veau fût piqué au vif par le côté tranchant du 2001, les agrumes et le citron accompagnent la dimension tendue du
vin.
Isabelle Canet-Baratin vinifie Grillet avec un élevage partiel de bois neuf et l’intention de ne pas marquer les vins « …pas de décoction de bois chez Grillet…» Par contre, les deux
bouteilles qui suivent :
Condrieu Dorianne 1999 et 2005 du Domaine
Guigal s’opposent à Grillet par le style : vins élevés huit mois intégralement en fûts neufs ; ils se sont montrés ce soir opulents, assez riches mais surtout d’une
austérité forte ( pour moi pas assez au service du vin ! ) et marqués par l’élevage… c’est Too Much, maquillé et presque insolent surtout pour le 2005 qui a gardé un gras presque écœurant,
par contre ce sont des vins de caractère, d’une belle longueur et d’une saveur imprégnante… ils ont peut-être le seul tort de passer après Grillet ce qui les handicape
certainement…
Le mascarpone de pistache sur lit de fraise était un tel délice que je l’ai avant tout apprécié pour lui
même !
Grillet 1974 dégusté plus récemment fût également un intense moment d'émotion, car malgré le recul pris par rapport à ce vin, qui ne s'exprime jamais là ou on l'attend, je
pensais le connaître suffisamment pour en prévoir les caprices et les charmes par la rationnelle connaissance des millésimes, l'histoire du cru et autres certitudes balayées ici par une toute
autre dimension... celle des Grands Vieux Vins.
Il fût tout d'abord envoutant par son nez de truffe blanche d'une persistance formidable... au point de faire le silence dans une assemblée... d'arrêter net l'horloge interne de tout dégustateur ! la bouche épurée et figée vers l'essentiel développe des saveurs d'infusion sur la verveine , le tilleul avec une dimension minérale presque saline qui continue à capter tous nos sens.... Cathédralesque!
.... la suite aux prochains millésimes dégustés
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