...au Domaine Chapoutier .Tain l'Hermitage

De 1995 à 2006

M.CHAPOUTIER - Hermitage - Crozes Hermitage - Saint Joseph - Hermitage Rouge - Hermitage Blanc - Hermitage Red - Hermitage White - Châteauneuf du Pape - Cornas - Gigondas Par Michel CHAPOUTIER & Albéric MAZOYER

Millésime 2006

 Côtes du Rhône Nord

Les différents stades phénologiques de la vigne (débourrement, floraison, début véraison) sur les secteurs de l’Hermitage et de Crozes-Hermitage ont été, cette année, relativement identiques, en terme de précocité à ceux observés pour le millésime 2005.
Débourrement le 10 avril ; Floraison le 28 mai ; Début véraison le 18-20 juillet sur les parties précoces de l’Hermitage (Coteaux du Méal).

Les 2 campagnes ont également, dans les grandes lignes, des similitudes climatologiques : hivers froids et secs, des printemps secs et un début d’été caniculaire (juin, juillet).

Il existe cependant quelques nuances importantes entre les 2 millésimes. Des épisodes neigeux importants (45cm de neige) ont permis une réhydratation en profondeur des sols, comblant, ainsi le déficit hydrique hivernal (320mm seulement).
Une chute importante des températures (-10°C en 48 h) en pleine floraison sur les secteurs les plus précoces de l’Hermitage (Méal, Grand Bessard) a entraîné une coulure assez importante : Coulure qui a favorisée une régulation naturelle des rendements et qui a donné une morphologie de grappe très intéressante, car très lâche et aérée contribuant ainsi à notre lutte naturelle contre le Botrytis.
Des mois de juin et juillet très chauds voire caniculaires mais avec des épisodes pluvieux intéressants {(+15mm au mois de juin ; + 30 mm au mois de juillet) / aux mois de juin juillet 2005} qui ont d’une part, fortement limité les phénomènes de défoliation précoce et d’autre part permis une véraison rapide et sans aucun blocage contrairement à 2005 où ce processus a été ralenti en raison d’un déficit hydrique important.

A la fin de mois de juillet 2006, la situation du vignoble était très encourageante. Un début d’été chaud et sec avec quelques pluies avant véraison, un état sanitaire quasi parfait, des travaux en vert précis et équilibré (décompactage, léger effeuillage coté levant) donnant des ceps aérés et des grappes bien espacées les unes des autres.

 

Le début de mois d’août fut moins chaud que le mois de juillet mais à partir de la dernière quinzaine un solide anticyclone est venu apporter une stabilité estivale avec des températures supérieures à 30°C. La vigne a eu dès lors une activité photosynthétique accrue et une maturation des raisins optimale.

La Syrah 

Début septembre, les peaux, très épaisses cette année, présentaient un potentiel phénolique très important. Avec de belles journées ensoleillées et des nuits fraîches le millésime s’est rapidement annoncé tardif avec une maturation lente et constante des baies et des peaux de raisins.
Nous avons commencé les vendanges le mardi 19 septembre par les Greffieux secteur le plus précoce de l’Hermitage. Les dernières Syrahs ont été vendangées le mercredi 4 octobre.
L’extraction des composés phénoliques fut rapide et aisée tant la maturité des peaux était importante. Les vins encore en macération possèdent des couleurs intenses et profondes faciles à stabilisées tant la puissance et la concentration en tanins est élevée. Aussi, les équilibres acides cette année seront favorables à la bonne conservation de cette couleur pendant l’élevage.
L’optimum de maturité  étant au rendez vous, les différentes cuves expriment dès à présent la richesse et la complexité des terroirs dont elles sont issues.

Pour clôturer la dernière dégustation des différentes cuves en macérations Michel CHAPOUTIER a ainsi décrit le millésime: « je n’ai jamais fait d’aussi bons Hermitages ! Quant aux Côte Rôties, les 2006 sont pour moi bien meilleurs que les 95, 96, et sont à la hauteur du millésime 1991 !

La Marsanne et le Viognier (Condrieu)

L’alternance de périodes chaudes et ensoleillées avec des périodes plus froides a été bénéfique pour la bonne maturation des cépages blancs. En effet, les raisins ont pu ainsi conserver toute leur minéralité et leur fraîcheur aromatique tout en continuant d’accumuler

Des quantités importantes de sucres. Les vins encore en fermentation sont gras, puissants et d’une très grande finesse aromatique.
L’Ermite blanc fût la dernière parcelle de la Maison à être vendangée : nous avons profité de la fraîcheur matinale du vendredi 29 septembre.

Côtes du Rhône Sud

Après un printemps sec et un début d’été caniculaire, les conditions climatiques, par la suite, ont été idylliques pour les Grenaches dans le sud de la vallée du Rhône.

En effet, les mois de juillet et d’août nous ont offert des précipitations à des stades phénologiques clefs du développement de la vigne limitant ainsi les stress occasionnés par les températures estivales.
Ainsi et grâce à un mois de septembre clément, les grenaches ont pu mûrir lentement sans aucun décalage entre la maturité phénologique et technologique. Les raisins ont donc été ramassés murs et très équilibrés. Nous avons clôturé les vendanges à Châteauneuf du Pape le jeudi 28 septembre par les grenaches de Croix de Bois.
La couleur et la puissance des vins actuellement en macération annonce un très grand millésime dans la vallée du Rhône méridionale

Millésime 2005

Côtes du Rhône Nord

Bilan phénologique et climatique du millésime

L'année 2005 a été particulièrement sèche et le bilan climatique hivernal 2005 laisse apparaître un important déficit hydrique. L'hiver 2005 fût, en effet, froid (- 7 ° C enregistré début Mars sur Tain l'Hermitage), sans pluie et le déficit hydrique dépasse parfois 30% par rapport à la normale.

Le débourrement qui marque le début du cycle végétatif s'amorce début avril (le 2 sur Le Méal, l'un des terroirs les plus précoces de l'Hermitage). Il est homogène et les pluies de mi-avril (120mm) permettent d'accélérer la croissance végétative de la vigne mais ne permettent malheureusement pas d'inverser la situation hydrologique.

La floraison débute fin mai sur l'Hermitage avec plus d'une semaine d'avance en comparaison avec le millésime 2004.
Les températures du mois de juin sont très élevées et l'absence durable de pluies laisse apparaître les premiers symptômes de stress sur les vignes les plus jeunes et les terroirs les plus filtrants. Toutefois, notre mode de conduite selon les principes de la biodynamie et l'important travail des sols que nous réalisons sur l'ensemble de notre vignoble, nous permettent de limiter l'importance de cette sécheresse printanière. En effet, par nos différentes pratiques culturales nous évitons la concurrence de l'herbe, nous favorisons la pénétration des eaux pluviales, la vie microbienne et nous améliorons la structure de nos sols (nos coteaux sont entièrement travaillés manuellement, à la pioche et au treuil).
Les pluies tant attendues arrivent mi-juillet et induisent ainsi la véraison

Les vendanges 2005

Nous réalisons les premières analyses de suivi de maturité dès la deuxième quinzaine d'août. Les résultats laissent apparaître un millésime prometteur : l'accumulation des sucres dans les baies et des anthocyanes dans les pellicules est importante. Les pluies menaçantes de début septembre marquent le début des vendanges chez bon nombre de viticulteurs.

L'équilibre entre le degré d'alcool potentiel et l'acidité est exceptionnel, l'état sanitaire de nos raisins est parfait, nous attendons donc sereinement la maturité phénolique optimale. Nous commençons donc nos vendanges le 18 septembre par les terroirs les plus précoces (Les Greffieux). Elles s'achèvent le 28 septembre 2005 par L'Ermite.

La richesse des raisins favorise des fermentations lentes, l'extraction et l'intensité des couleurs sont extraordinaires. Après des macérations de 4 à 6 semaines la puissance aromatique et tannique des vins, malgré leur jeunesse, permet déjà de qualifier le millésime 2005 d'exceptionnel

Millésime 2004

Côtes du Rhône Nord

Les conditions climatiques du millésime 2004 ;
Après un millésime 2003 caractérisé par un été caniculaire et des vendanges d’une précocité exceptionnelle (août), nous étions tous dans l’attente d’une année au climat plus tempéré.

2004 débute par un hiver aux pluviométries suffisantes pour permettre aux sols de retrouver leur réserve hydrique perdue durant l’été 2003.
Le débourrement , stade phénologique marquant le début du cycle végétatif de la vigne, s’amorce mi avril avec un retard de près de dix jours sur 2003 mais correspondant malgré tout à des dates plus habituelles. La croissance végétative se poursuit alors avec un rythme modéré car les températures du début de printemps sont fraîches. Mi mai le réchauffement permet une accélération du développement de la vigne et début juin la floraison a lieu dans les meilleures conditions de température et d’hygrométrie.
En juin les fortes chaleurs s’installent sur la Vallée du Rhône et nous redoutons alors le retour de la sécheresse que nous avons connue en 2003. En effet le bilan des précipitations des mois de mars, avril et mai est fortement déficient et les premiers signes de stress hydriques apparaissent sur les plantations les plus jeunes.
Notre conduite du vignoble et plus particulièrement la généralisation du travail des sols permet à nos vignes, de part leur enracinement profond, de résister à ce manque d’eau en puisant au plus profond du terroir les réserves suffisantes. La croissance est ralentie mais la nouaison (fin juin) et la fermeture de la grappe s’effectuent pour le mieux.
Les pluies tant attendues arrivent le 9 Août et favorisent l’induction de la véraison.

Les premiers jours de septembre sont secs, ensoleillés et, alors que de nombreux viticulteurs, trop impatients, profitent de la première quinzaine pour vendanger nous prenons la décision de patienter. Les températures estivales de la deuxième quinzaine de septembre et le soleil quotidiennement au rendez vous nous donnent raison.
Le long et complexe processus de maturation se poursuit donc dans ces conditions idéales.

Les vendanges 2004 :

« Le secret du millésime était dans la patience » Michel Chapoutier
Nous commençons les vendanges dernière semaine de septembre (soit près de trois semaines après le ban des vendanges…), pour les poursuivre la première semaine d’octobre.
La Roussanne et la Marsanne présentent des équilibres sucres/acidité dignes des plus grands millésimes. Les vins blancs révèlent rapidement un bouquet aromatique intense et un gras surprenant.
La Syrah est ramassée avec une maturité phénolique optimale : les tanins sont mûrs et les intensités colorantes élevées. Profitant de la fraîcheur matinale pour vendanger, nos raisins sont encuvés à une température de 18°C.. Les fermentations réalisées en flore indigène sont alors lentes, sans excès de températures permettant ainsi de développer des vins précis, riches et d’une grande complexité. Après des macérations de 4 à 6 semaines, la fraîcheur des arômes et la délicatesse des tanins qui se dégagent dors et déjà des vins rouges laissent présager un grand millésime de garde.

Châteauneuf du Pape

Les conditions climatiques ont été sensiblement les mêmes sur Chateauneuf du Pape que dans le nord des Côte du Rhône. Le Grenache, ce cépage méditerranéen si exigent en ensoleillement a , lui aussi , pleinement la chaleur du mois de Septembre. En effet, nous avons vendangé nos grenaches avec des potentiels en alcool de plus de 15 %.
A la dégustation, les vins sont d’un rouge magnifique, capiteux et les fruits qu’ils nous offrent sont mûrs et gourmands.

Millésime 2003

Après le millésime 2002 pluvieux, 2003 fût son jumeau contraire très chaud et très sec. Des conditions météo extrêmes, un déficit hydrique d’abord important puisque entre Janvier et début Septembre, date des premières pluies, nous avons eu sur TAIN L’HERMITAGE seulement 10 % de la pluviométrie habituelle à cette période.

Les réserves hydriques étaient bonnes au démarrage de la végétation, et la vigne n’a réellement commencé à souffrir qu’en Juillet. A ce manque d’eau se sont ajoutées de très fortes températures entre fin Juillet et début Août (une dizaine de jours à plus de 40 °), qui ont accéléré la maturité de façon spectaculaire.

Nous avons commencé les vendanges le 22 Août à TAIN L’HERMITAGE et finit le 06 Septembre, soit environ 4 semaines avant la période normale.

La vigne est l’espèce cultivée qui supporte le mieux ces conditions. Nous avons observé par exemple des chênes jaunir à côté de parcelles de vignes en coteaux qui restaient vertes. Elle a résisté merveilleusement, du moins toutes celles d’un certain âge bien enracinées. Par contre le volume de la récolte est très faible. Dans toutes les appellations les baies sont restées très petites, ce qui entraîna un rendement en jus faible après décuvage et pressurage.

La récolte est inférieure de 50% à 70% par rapport à une année moyenne selon les AOC. Pour tous les cépages, quelque soit l’AOC, l’état sanitaire était plus que parfait.

La SYRAH en Nord Vallée du Rhône va donner des vins très concentrés, beaucoup de couleur, les tanins sont chaleureux et puissants, la chaleur de l’année se retrouve dans le vin, les quantités de sucre à la récolte étaient très élevées. Tous les vins sont au dessus de 13° d’alcool naturel, avec des moyennes de 14° naturel en Cote Rôtie, de 14.5° en Hermitage.

Pour la MARSANNE, les vins sont chaleureux avec un gras et une longueur en bouche exceptionnels. L’acidité, plus faible que les précédents millésimes, ne nuira pas à leur conservation qui sera assurée par un extrait sec exceptionnellement important.

Pour nos vignobles du sud , à Châteauneuf-du-Pape et dans le ROUSSILLON, les cépages un peu plus tardifs que la Syrah comme le GRENACHE, le CARIGNAN et le MOURVEDRE se sont trouvés très à l’aise dans ce climat très chaud. La difficulté pour décider de la date de récolte dans le Sud résidait dans la nécessité d’attendre quelques jours la maturité des tanins alors que les teneurs en sucres étaient élevées.
A Châteauneuf-du-Pape, les vins sont très colorés, pleins et moelleux Les tanins sont abondants et enrobés de fruits rouges très murs, caractéristique du GRENACHE à Châteauneuf-du-Pape.

Les vendanges commencées fin Août à LATOUR DE FRANCE se sont poursuivies jusqu’à fin Septembre. Les vins rouges sont bien équilibrés, concentrés avec de belles acidités.

Ainsi, les vieux CARIGNANS sont cette année particulièrement harmonieux, à la fois mûrs et souples avec une structure phénolique présente et élégante.

Ce millésime qui sera rare par son nombre de bouteilles, aura très probablement un potentiel de garde immense. A nous d’assurer la fin des fermentations avec rigueur (plus lentes à se finir à cause de la concentration) et de garantir un élevage à la hauteur du potentiel des vins.

Nous pouvons déjà dire qu’en plus d’être le millésime du siècle, c’est probablement le millésime des siècles

Millésime 2002

Le millésime 2002 est un millésime difficile, nous avons eu une année peu ensoleillée et très pluvieuse. Cependant le travail fait dans nos vignes permet à la Maison M. Chapoutier d'être très satisfaite de la qualité exemplaire de ses récoltes.

L’Agriculture Bio dynamique qui est utilisée dans nos domaines, représente un travail important, dont les résultats, s'ils sont peu visibles dans les millésimes faciles, deviennent évidents et même majeurs pour des millésimes comme 2002. Cette année, nous avons pu constater une non dilution de la qualité de nos raisins, un état sanitaire parfait, et de plus, des concentrations en sucre supérieur (de 1,5 à 2 % potentiel) à celle de nos collègues en agriculture conventionnelle.

Le contexte climatologique de l'année 2002, nous a amené, afin de profiter de l’état sanitaire parfait de nos raisins, à vendanger rapidement. Dans le nord, la récolte a débuté le 12 septembre et a pris fin le 22 septembre, sur Châteauneuf du Pape, elle s'est déroulée du 13 septembre au 25 septembre. Sur Latour de France, les vendanges ont débuté le 2 septembre pour se finir le 10 octobre 2002.

En ce qui concerne le volume de la récolte, particulièrement sur les vieilles vignes de syrah qui portaient peu de raisin, les rendements furent modestes. En ce qui concerne les blancs, le rendement est identique aux années précédentes.

Pour la structure des vins, nous avons une acidité qui est remarquable. Le millésime 2002 aura alors des équilibres avec de la fraîcheur et des tanins souples.

Dans les caractéristiques du millésime 2002, nous pouvons constater cette année qu’il n’y a pas de décalage entre la maturité phénolique (maturité des peaux et des tanins) et la maturité alcoolique (taux de sucre).

S’il est très probable que le millésime 2002 soit irrégulier, il est de plus en plus certain que la Maison M.Chapoutier sera une des rares maisons à avoir su tirer son épingle du jeu et à parvenir à faire des produits d’une qualité remarquable.

Millésime 2001

Nous avons bénéficié d'un printemps humide et ce jusqu'à la mi-juillet. A partir du mois d'août le temps s'est réchauffé en Vallée du Rhône et l'été fut sec. Par contre le mois de septembre fut frais ce qui a entraîné un ralentissement de la maturité.

Ainsi la récolte s'est faite beaucoup plus tardivement sur le nord (début des vendanges le 24 septembre) et a pris fin le 06 octobre ; A Châteauneuf du Pape, les vendanges se sont déroulées du 17 au 28 septembre. Nous avons du vendangé plus rapidement que d'habitude, en 15 jours au lieu de trois semaines.

En ce qui concerne le volume de la récolte, si pour les récoltes de blancs, nous avons des rendements équivalents aux autres années, nous constatons, pour les récoltes de rouge une année peu abondante. Nous observons, sur les cépages syrah, une moyenne de 10 à 20 % inférieur au rendement habituel, alors que pour les grenaches l'effondrement de production peut dépasser les 50% sur les très vieilles parcelles du fait de la coulure et de baies très petites. Nos vignobles de Châteauneuf du Pape ont donné une demie récolte.

Les premiers résultats, au décuvage, donnent des résultats exceptionnels et créditent très logiquement notre choix de vendanger tardivement. Néanmoins, il faut avoir conscience que notre recherche de maturité optimum des tanins a naturellement entraîné des taux de concentration en sucre plus important que la moyenne et donc une hausse des degrés alcooliques naturels.

La riche extraction des tanins obtenus nous permet, à la dégustation, de ne pas sentir du tout certains pourcentages alcooliques relativement élevés.

De plus, grâce à la fraîcheur de septembre tous nos vins ont une acidité naturelle élevée. La balance acide et l'alcool est pour 2001 remarquable.

Dans les caractéristiques du millésime 2001, nous pouvons constater sur tous les vignobles un décalage marquée entre la maturité phénolique (maturité des peaux et des tanins) et la maturité alcoolique (taux de sucre).

Si généralement l'optimum de maturité phénolique suit de quelques jours l'optimum de maturité alcoolique en 2001, à certains endroits, il a fallut attendre plus de 10 jours pour atteindre l'optimum de maturité des pellicules.

Cette subtilité aura comme intérêt de faire naturellement le tri entre les vignerons qui ne prennent en considération que le taux de sucres et les vignerons qui ont eu la sagesse de regarder surtout la maturité phénolique. Les premiers malheureusement se trouveront face à des vins verts et des tanins grossiers dont le potentiel de garde peut être discutable alors que pour notre part nous avons décidé du moment de la vendange d'après la qualité des tanins.

Millésime 2000

Nous avons bénéficié d'une très belle période sans pluie de la fin août jusqu'au 20 septembre. L'excellent état sanitaire a permis d'absorber les pluies abondantes qui ont interrompu les vendanges pendant 2 jours.

La récolte a été très ramassée, surtout dans le nord : elle a débuté le 15 septembre à Chateauneuf-du-Pape, le 18 septembre à Tain et a pris fin le 6 octobre. Les vendanges des rouges ont été réalisées en 10 jours au lieu de 15 habituellement. D'une façon générale, les quantités sont supérieures à 98 et inférieures à 99. C'est une année moyennement abondante.

Malgré la période de sécheresse, la maturité phénolique a été longue à attendre sur la plupart des cépages de la vallée du Rhône et a eu lieu après la maturité en sucre.

Les Vins
Syrah : les rendements, notamment en ce qui concerne l'Hermitage, sont inférieurs à ceux de 1999.Très concentrés et très colorés, les vins ont une acidité faible, équivalente à celle de 1998.

Les blancs bénéficient d'un degré alcoolique naturel élevé. Les rendements sont inférieurs à 1999 surtout en Hermitage, l'acidité est faible. Les vins devraient être puissants.

Pour les GRENACHE, 2000 est une excellente année. Le mois d'août a été extrêmement favorable car particulièrement chaud et sec. Les tanins, difficiles à extraire en raison de baies très fermes, ont demandé beaucoup de travail

Millésime 1999 l’année de la Syrah

Les pluies du mois d'août ont favorisé une bonne accumulation des sucres et, malgré une récolte abondante, la maturité n'a subi aucun retard.

Ainsi nous avons commencé à récolter en Hermitage, les premiers cépages " Marsanne " le 13 septembre 1999, avec des potentiels alcooliques de 14%, soit sensiblement à la même date qu'en 1998, année de faible charge.

L'absence de stress hydrique, a, d'autre part favorisé le maintien d'une belle acidité et, sur les situations habituellement très sèches en coteaux, la photosynthèse a pu se maintenir durant les chaleurs de fin d'été, aidant l'accumulation de couleur et de polyphénols dans les baies de Syrah.

L'état sanitaire a été excellent pour les raisins rouges et blancs tout au long de la récolte, et cela malgré les fortes précipitations de la fin du mois de septembre (plus de 100mm les 19 et 20/09/99).

Simplement nous avons dû retarder le ramassage, afin que les raisins se reconcentrent. Nous avons achevé la récolte le 9 octobre, soit au total 9 semaines de vendanges. Le millésime 99, ne s'oubliera pas de si tôt. Il constitue déjà une exception au vieux dicton " quantité ou qualité ".

Les vins de la Syrah très colorés, ayant une acidité plus importante que les millésimes précédents, 97 et 98, ont renforcé les notes de fruits rouges. La couleur, les tannins sont aussi abondants que pour le millésime 98 avec une maturité étonnante pour une récolte un peu généreuse.

Les vins blancs, encore en cours de fermentation alcoolique, auront beaucoup de fraîcheur avec une bonne concentration due à une récolte à maturité élevée. Tous les cépages de Marsanne ont été récoltés à 13° ou plus.

1999 : Côtes du Rhône Sud : des résultats plus irréguliers

Le Sud de la Vallée a bénéficié aussi de pluies durant le mois d'août, avec des effets moins favorable que dans le nord.
Si l'état sanitaire était bon en début de vendanges, avec de belles maturités, les fortes pluies de fin septembre l'ont un peu dégradé.

Il fallait une très bonne viticulture (maîtrise de la vigueur, travail d'effeuillage et une vinification pointue), pour tirer le maximum des Grenaches, cette année. Avec cette récolte manuelle très soignée, nous pensons y être parvenu en 99.

En Châteauneuf du Pape, les vins sont colorés, charnus, très aromatiques, avec des notes de fruits rouges même s’ils n'auront probablement pas la concentration du millésime 98

Millésime 1998

Après un été sec où la sécheresse a sévi aussi bien au nord qu'au sud, une pluie de 30 mm, début septembre, est venue interrompre cette dernière ce qui a eu pour conséquence de relancer les maturités de manière galopante.

Les vendanges ont débuté le 17 Septembre dans le nord et le 23 Septembre pour le sud.

Nous pouvons constater tout d'abord que les quantités en 98 sont extrêmement faibles. Si le millésime 95 s'était illustré par ses rendements microscopiques, le millésime 98 est bien au-dessous de 95.

Nous avons observé des maturités de haut niveau avec des richesses en sucre plus avancées que les maturités phénoliques. Il fallait donc ne pas se satisfaire du taux de sucre pour choisir la date des vendanges mais attendre que la maturité des peaux et des pépins soit confirmée. Ceci sous-entend que pour attendre cette maturité phénolique nous avons dû vendanger des raisins avec des degrés potentiels très importants interdisant toute chaptalisation. Les Hermitages blancs dépassent tous les 14 %. Les Hermitages rouges, comme le Méal vendangé le 23 Septembre, enregistraient aussi 14 % d'alcool.

Il est intéressant de remarquer que nos autres collègues en agriculture biologique ont également constaté que les vignes issues de l'agriculture biologique avaient en moyenne deux semaines d'avance de maturité comparées aux vignes de culture conventionnelle. Si l'on constate régulièrement une maturité plus précoce pour les vignes issues de l'agriculture biologique, ce constat devient presque caricatural pour 1998, car nous parlons ici de deux semaines d'avance sur la culture conventionnelle.

Concernant le sud il est important de remarquer que nous sommes probablement face à l'un des plus grands millésimes de grenache de ces 20 dernières années. Si le grenache est connu pour avoir une couleur plus légère que la syrah, tout le monde a été surpris en 98 par des indices colorants de forte intensité jamais vus pour ce cépage.

A l'écoulage, s'il est encore trop tôt pour porter un jugement qualitatif sur ce millésime, les premières cuves décuvées après 4 ou 5 semaines de macération nous donnent des vins d'une acidité relativement faible, l'acide malique étant faible aussi, les fermentations malolactiques se sont généralement rapidement enclenchées après les fermentations alcooliques. Pour les cépages rouges, l'intensité des tanins est extrêmement marquée manquant quelques fois d'un peu de souplesse pouvant même aller jusqu'à une petite touche de rusticité

Michel CHAPOUTIER, le 25 octobre 1998

Millésime 1997

Après un Hiver sec, un Printemps précoce chaud et sec, un Eté avec un mois de juin et juillet frais et des mois d'août et septembre exceptionnels, les Vendanges 1997 se sont passées dans une sérénité absolue.

Elles ont commencé le 16 septembre dans le Nord et le 22 septembre dans le Sud.

L'anticyclone des Açores d'une stabilité impressionnante sur la France nous a permis de prendre le temps maximum. Nous avons donc pu vendanger aux maturités les plus avancées et les plus appropriées pour faire des grands vins.

Il n'y avait aucune menace de pluie ou de maladies et ce sera certainement le secret de la réussite du Millésime 97.

Les blancs ont tous dégagé des degrés naturels historiques s'inscrivant dans les records.

Les rouges ont aussi eu non seulement des degrés naturels importants mais la maturité des tanins a permis des extractions rarement vues. Il faut toutefois noter que si le rapport tanins/alcool est impressionnant, les acidités étaient par contre assez faibles. Cette inquiétude concernant cette acidité en début de campagne s'est avérée moindre. En effet, nous avons pu constater que lors de la fermentation malolactique, la proportion d'acide malique était infime.

Si nous sommes sur une année de qualité exceptionnelle, 1997 sera un millésime de quantités limitées. Etant donné que tout le monde compare 1997 à 1947 et que la quantité est faible, nous pensons que la totalité de notre récolte sera vendue en Primeurs.

Michel CHAPOUTIER, le 30 octobre 1997

Millésime 1996

Ce 8 Octobre 1996 nous venons de terminer les vendanges, celles-ci se sont fort bien passées. Il est vrai que nous avons eu un été un peu moins ensoleillé que d'habitude mais, néanmoins une pluviométrie tout à fait normale, avec une sécheresse importante pour le Nord jusqu'au mois de Juin Tous ces facteurs ont permis d'avoir une surface foliaire plus importante favorisant ainsi la photosynthèse. De ce fait nous avons obtenu des raisins avec plus de sucre et d'une maturité exceptionnelle.

Cette récolte du millésime 1996 pour ce qui concerne la partie Nord me fait penser à celle du 1978. De toutes façons, pour pouvoir être à même de faire des appréciations plus précises, il va nous falloir attendre la fin de la fermentation malolactique. Grâce donc à une deuxième partie de ce mois de Septembre très sec, nous avons eu l'agréable surprise de constater une qualité sanitaire exceptionnelle du raisin. Il peut être intéressant néanmoins de noter que si, dans la partie nord l'état sanitaire a été excellent, la sortie en raisins a été considérable - beaucoup de parcelles de jeunes vignes ayant eu une production doublée par rapport à la normale -.

Il était donc impératif pour tous ceux qui avaient des vignes de mois de 50 ans de tomber des raisins de manière massive dès le mois de Juin, les ceps ne pouvant pas être à même de faire face à la charge pour amener la maturité des grappes à son terme. Nous avons été également très surpris par la qualité des raisins en blancs. En effet, celle-ci s'avère d'un niveau rarement vu pour des blancs.

 

La qualité des jus était telle que, à la sortie du pressurage, ceux-ci étaient d'une limpidité qui aurait pu permettre de vinifier sans débourbage. Il est donc à noter qu’avec le millésime 1996, nous avons devant nous un des plus grand millésime en blanc de ce demi siècle.

Pour faire un résumé, nous pouvons dire que :

Pour la partie NORD :La récolte 1996 aura été de fort belle qualité mais il pourra être constaté une disparité au niveau qualitatif chez tous ceux qui n'auront pas éclairci en Juin. Pour la partie SUD :La récolte a subi beaucoup de pluies durant tout le mois de septembre donc une pression des maladies beaucoup plus importante.

Pour cette partie méridionale, il est fort intéressant de remarquer que la culture biodynamique, pour un millésime tel que 1996, fait toute la différence. En effet, les vignerons utilisant des produits chimiques ne peuvent plus faire de traitements à partir de fin Août en raison de la phytotoxicité pour les levures, d'une part, et des résidus dangereux pour la santé, d'autre part.

Par contre, nous, avec nos "tisanes" à base de végétaux (tels que la prêle, l'achillée millefeuille, l'ortie) nous pouvons accompagner notre vendange jusqu'à la récolte.

Nous avons été satisfaits de notre récolte en Châteauneuf-du-Pape. Par contre la coulure sur les grenaches a donné des rendements encore plus microscopiques que d'habitude.Sur la totalité de notre domaine de la Bernardine nous avons eu un rendement de 15 hectos/hectare et nous nous sommes retrouvés à moins de 10 hectos/hectare sur la parcelle de Barbe Rac.

Michel Chapoutier, le 8 octobre 1996

Millésime 1995

Au cours de l'année 1995, les courbes de températures ont été excellentes. Un printemps frais et tardif la floraison s'est passée donc dans des conditions parfaites. On a tout de même constaté une certaine coulure sur le grenache.
L'été 1995 a été remarquable par sa sécheresse et ses températures caniculaires. Il est à noter que dans la partie granitique de la Vallée du Rhône les vignobles travaillés en culture chimique, donc favorisant un enracinement à la surface, ont soufflent d'une manière marquée de sécheresse ce qui a entraîné un blocage de sève et des taux de sucre assez faibles. Il risque donc d'y avoir beaucoup d'hétérogénéité dans la qualité récoltée par les différents domaines au niveau de la rive droite. Pour notre part, cette, sécheresse n'a en aucun cas perturbé notre domaine, notre culture organique favorisant l'enracinement en profondeur.

Le point fort de ce millésime au niveau de climatologie est la pluie du 7 et 8 Août 1995 pour une valeur de plus de 200 mm. Tous les très grands millésimes ont toujours eu une pluie dans la première quinzaine d'août, comme par exemple les millésimes 1990, 1983, 1978, 1947. C'est donc probablement grâce à cette importante quantité d'eau tombée au bon moment que l'on a pu avoir une maturité physiologique aussi exceptionnelle.

Une particularité de ce millésime est que malgré les chaleurs caniculaires le taux d'acidité est probablement le plus élevé de ceux des dernières années. Ceci sous-entend aussi que le potentiel de maturité des raisins était presque inépuisable.

LE BEMOL DE CE MILLESIME :
En Septembre, il y a eu 2 passages pluvieux de plus de 100 mm chacun dans les semaines 36 et 38. Vu l'état sanitaire exceptionnel et le potentiel de maturité, il était urgent d'attendre. En effet, cela aurait été une erreur d'attaquer les vendanges à cause de cette pluie qui fut rapidement absorbée par les sols exceptionnellement secs. Pour notre part, nous avons vendangé le Saint Joseph, le Crozes Hermitage et le Côte Rôtie fin de la semaine 37. Puis, après la pluie de la semaine 38, nous avons attendu plus d'une semaine pour vendanger l'Hermitage que nous avons terminé le 1er Oct. Les vendanges du Châteauneuf-du-Pape ont été terminées le 6 Oct. Cette attente fut plus que payante par la qualité des raisins récoltés et par leur concentration en sucre et en acide.

LE RENDEMENT :
Le millésime 1995 est surtout marqué par le rendement le plus faible de la dernière décade. Si la Maison Chapoutier est coutumière des petits rendements, nos collègues de la région ont constaté une baisse moyenne de rendement entre 20 et 25%. La moyenne de nos domaines est, cette année, largement inférieure à 25 hl/hectare, avec certaines vieilles vignes de sélections parcellaires qui restent même au dessous de 10 hl/ hectare.
La conséquence se concrétise parfaitement dans la concentration et la finesse des vins obtenus.

SITUATION DU MARCHE :
Pour les appellations du Sud la flambée des prix constatée pendant l'année 1995 ne pourra pas être atténuée par l'arrivée de la nouvelle récolte. En effet, la production du millésime pour les appellations comme Châteauneuf du Pape et Côtes-du-rhône est au-dessous du besoin du marché. Si pour la partie Nord les cours ont fait preuve de plus de stabilité en 1995, nous constations dès l'été un raffermissement et une légère tendance à la hausse. La faible récolte, qui a surpris beaucoup de producteurs, a tendance à entraîner une panique et une flambée des prix difficilement contrôlables. Le millésime 1995 sera probablement rare et demandé. La répercussion de ces augmentations nous paraît d'ores et déjà irrémédiable et s'annonce probablement assez importante.

 

M.CHAPOUTIER - Hermitage - Crozes Hermitage - Saint Joseph - Hermitage Rouge - Hermitage Blanc - Hermitage Red - Hermitage White - Châteauneuf du Pape - Cornas - Gigondas

 

 

 FAC & SPERA

 

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