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Je suis comme
beaucoup d’autres amateurs un ardent défenseur de la dégustation à l’aveugle d’abord parce que c’est un jeu qui développe l’humilité et car
seul ce qui est dans le verre compte et c’est ce seul contenu qui doit être commenté.
Cette pratique, vigoureusement défendue et affirmée par les plus grands critiques de vin, permet d’éviter l’écueil habituel de l’influence de
l’étiquette sur le jugement du dégustateur, tant il est vrai qu’un journaliste, un sommelier, un producteur, même un “grand amateur”, aura beaucoup de mal à critiquer un vin culte, un vin
de prestige, un vin classé, alors qu’il est évident qu’il aura moins de scrupules à critiquer un vin moins connu.
Seule la dégustation à l’aveugle peut donner une chance à un vigneron anonyme, de titiller les grands qui, certes, n’ont rien à gagner dans de telles dégustations, mais doivent les
considérer comme un “prix” à payer à la renommée.
Par contre ’il est difficile, sinon impossible à l’aveugle, de juger de la capacité de vieillissement, de complexité, d’évolution du vin. Or, c’est bien là ce qui fait la réelle valeur
d’un cru : sa transformation subtile dans le temps.
On peut ajouter également que l’amateur connaissant l’histoire du vin, de sa région, de son appellation, l’appel qu’il peut faire à sa mémoire, à ses émotions, sont autant d’éléments
d’évaluation importants pour un jugement complet. Ce qui manque cruellement à la dégustation à l’aveugle.
C’est là un des
arguments que d’autres grands critiques de vins reconnus ne manquent jamais de mettre en avant.
Allons alors plus loin dans cette discussion. Ceux qui veulent connaître le vin, voir son étiquette, son millésime, avant de porter un commentaire et éventuellement une note, et qui
disent ne pas subir l’influence de ces indications, ceux là se comptent, sur cette planète, sur les doigts d’une seule main (je parle naturellement des critiques ayant pignon sur rue : un
simple amateur, dont personne n’attache d’importance à ses notes, peut effectivement être honnête sans que cela ne lui nuise en rien…cela fait partie du jeu avancé en préambule ).
Donc, connaître ces informations essentielles, millésime ,nom du cru, ou nom du vigneron,sert soit disant, pour mieux appréhender le vin, et faire un commentaire plus circonstancié… ! mais soyez certain que, dans ce cas, Lafite, Latour, Margaux, Petrus, et autres incontournables comme
Dugat-Py, Pegau ,Guigal ou Chave seront bénéficiaires d’éloges ,la plupart du temps méritées,
mais quand même marquées au sceau du “politiquement correct”.
Tout le monde
comprend qu’un critique, qui ne veut pas se voir fermer la porte d’un domaine, surtout s’il est reçu “les petits plats dans les grands”, ne voudra jamais commettre une bévue et donc, se
risquera très rarement au jeu de l’aveugle. Tout comme l'amateur ne tiendra pas à passer pour un rabat-joie ou un inculte à la critique d'une pointure.
Soyons clair :
demander à voir le millésime et l’étiquette, pour un professionnel, c’est officiellement pour mieux appréhender un cru dans son entité historique et culturelle, mais c’est surtout se
doter d’un outil magique pour donner des points supplémentaires qui risqueraient de manquer si ce vin était dégusté à l’aveugle…mais les simples amateurs
que nous sommes n’ont pas pour vocation de noter les vins mais de les apprécier et d’en parler entre deux verres.
Alors je vous pose ici la question suivante : dégustez vous à l’aveugle ... et pourquoi ?
Pour moi la dégustation l’aveugle est incontournable surtout si le niveau des dégustateurs et leurs capacités à saisir les multiples sensibilités des vins leur permettent parfois
d’exprimer le potentiel du cru, ou de s’en approcher humblement.
C'est aussi un jeu, un défi personnel, un test radical, appuyé par la certitude qu'un grand vin ressort toujours à l'aveugle .Car " plusieurs dégustateurs
ne peuvent pas tous se tromper en même temps, au même moment, dans un même lieu, sur un même vin”.
Et si un “petit”
vin vient se glisser favorablement parmi des classés haut de gamme, on ne pourra jamais déduire de ce classement qu’il est à l’égal des
grands… à un instant T, il aura été dignement apprécié et donnera, pendant un, deux, trois ou cinq ans, ou même plus, de réelles
satisfactions gustatives, généralement à un prix particulièrement compétitif, à tout amateur peu soucieux de devenir un buveur d’étiquette.
J'attends avec impatience vos réactions en commentaires de cet article.
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J'apprécie la dégustation à l'aveugle pour son approche basée sur le plaisir dans un premier temps..j'aime ou je n'aime pas le vin que je bois et cela sans se laisser influencer par l'étiquette. J'aime aussi le côté joueur : faire une sélection de flacons en imaginant piéger tel ou tel dégustateur, choisir l'ordre de dégustation pour dérouter...être de l'autre côté de la barrière est stimulant, la concentration est plus forte si je peux dire...mes sens sont en éveil pour percevoir le plus de choses afin d'arriver à trouver la région du flacon dégusté...je m'arrête dans 99,99% des cas à ce stade quand j'y arrive.
Je souhaiterais déguster à l'aveugle plus souvent pour tous les plaisirs cités au dessus mais il faut pouvoir réunir les conditions d'une telle dégustation.
La dégustation normale est aussi agréable et probablement qu'elle apporte des bénéfices évidents aux dégustateurs plus avertis que moi. Mon niveau de connaissance et de références est faible mais peut être que sur des grandes bouteilles ou plutôt sur des flacons peu abordable en prix, il serait préférable de connaître le vigneron le domaine etc.
On en reparle dans quelques années pour voir si mon expérience fera évoluer dans un sens ou dans l'autre ce point de vue.