Mises en bouche

Crème glacée de Saint Jacques

Sucettes de foie gras aux graines de pavot bleues

Sabayon d’asperges aux agrumes

1 - Frédéric-Emile 1994 de Trimbach

Première entrée :Macaron d’encre de seiche et crème de poireau

2 - Domaine Roulot Meursault Meix Chavaux 2000

Seconde entrée :

Lotte en croûte d’épices, fenouil et huile de fenouil, poêlée de pamplemousses à l’origan

3 - Château Grillet 1985

Premier plat :Capuccino de parmesan et crème de cuisses de grenouille

4 - It- Toscana- DOCG -Vino nobile di Montepulciano de Pulcino Matassini Ercolani-1985

Deuxième plat :Viande des Grisons et pressée de tapenade au Beaufort

5 - It Venétie - DOC- Valpolicella - Typo "AMARONE" Classico 1999 d' Allegrini

6 - Villa Bella Fracastoro, Amarone della Valpolicella classico 1999

Pré Pré-dessert :Panacotta mangue et framboise

Evidemment sans vin… (histoire de se refaire la bouche)

Desserts :Mangues au gratin ,Pêches rôties au tilleul ,Ananas en meringue

7 - Sauternes La Tour Blanche, 1990

8 - Sauternes Rabaud Promis, 1990

Café, thé, capuccino ou tisane, et mignardises


1- Le Frédéric-Emile,1994 présente un nez de bergamote, de citron. Il subit une légère

inflexion végétale mentholée. En bouche, il reprend les flaveurs agrumées en les précisant vers le pamplemousse, et décline son identité professorale en pontifiant dans les registres d’une minéralité soutenue qui cingle la langue, bat l’estrade dans les moindres recoins pour accorder droiture, maintien, et longueur. Efficacité de la férule du maître, pour un véritable plaisir en bouche.

Des trois mises en bouche, celle qui incontestablement a obéi à la baguette est le sabayon d’asperges vertes. Celui-ci a été confectionné avec le jus d’orange. Le zeste que j’ai émincé et confit a apporté croquant et consistance. Les deux autres mets préprandiaux convenaient tout aussi bien (le foie gras au pavot est divertissant et combine agréablement son gras au Riesling).

2- Le Meix Chavaux de Roulot,2000 est un vin affûté, regorgeant de cette

minéralité plutôt rarement ressentie dans les Meursault. Nul aspect lacté, ni au nez ni en bouche.Volontiers atypique dans une tessiture aromatique étroite, à peine florale,

mais cette discrétion lui confère élégance etfinesse. Un regret : on se serait attendu à une présence en bouche plus soutenue.Assorti du macaron à l’encre de seiche et au beurre de poireau, il s’arrondit,se domestique…se dote de l’esprit murisaltien, en raison du beurre et de l’amande qui le complètent en bouche. (D’ailleurs l’amande se fait davantage sentir le lendemain… j’ai donc regretté que le carafage n’ait pas été plus long). L’encre de seiche était extrêmement discrète, et n’a pratiquement contribué qu’à parfaire de sa coque noire l’esthétisme d’un plat en dégradé de vert.

3- Le château Grillet, 1985 …UNE MERVEILLE !!!

Un vin loquace, profus, capable de vous emmener dans un chalet finnois empli

d’odeurs de hareng, de cendre, de cèdre, devous retenir sur les falaises granitiques  bretonnes jonchées de varech et aux embruns iodés, de vous rappeler les infâmes boîtes métalliques des sardines à l’huile dont on se régale pourtant autour d’un brasero d’aiguilles de pin ! Le vin exprime le meilleur du pire, et poursuit son envoûtement en bouche par d’étonnantes sensations d’huître, d’agrume, de noisette et de crème fraîche.
Un maintien en bouche savoureux, complet, débordant d’épices anisées, ample, et d’une

concentration vigoureuse mais aussi pleinede finesse et de fraîcheur. Il a été servi avec un pavé de lotte rôti aux épices et accompagné d’une poêlée de pamplemousses, suprêmes que j’avais dégorgés depuis plusieurs heures avec de l’origan. L’accord a fait l’unanimité. La lotte était parfumée à l’huile d’olive au fenouil et il n’est aucune épice qui n’ait délesté le vin de son verbiage aromal.

4- Le Vino nobile de Montepulciano Erco Matassini 1985 et le
5- Valpolicella Classico 1999 de chez Allegrini
ont été servis en même temps, pour des épousailles dentesques ou éndéniques avec
des cuisses de grenouille au parmesan puis avec de la viande des Grisons au Beaufort
.






















Le Pulcino Matassini Ercolani
acquiert en raison de sa maturité la conformationaromatique des vinsmadérisés… Seulement il a plus d’un tour dans son sac ! … et j’aiunesensibilité particulière pour les vieux beaux qui gagnent du bel âge distinction et raffinement. Aussi m’ensorcelle-t-il d’un balsamique fruité, de kirsch, d’amande amère et de thé fumé, aussi explore-t-il l’exotisme de la quintonine et del’orange confite. Labouche est festive, immédiate, courte sans doute, mais c’est qu’on lui en demande trop, car bien que saturée de bouffées de tabac et du craquement du cuir… rien ne nuit à la tonicité, ni au maintien de l’acidité et de la fraîcheur. Son compagnon, le ValpolicellaClassico, est superbe de fruits et de croquant… Nez de froment ou de sarrasin, odeur de graphite et d’encre, et bouche
sucrailleuse et vive de chocolat Mon Chéri puis de cacao. Tension buccale, rectitude et tanins fuselés bien présents. Deux vins diamétralementopposés. Le meilleur accord parmi les quatre combinaisons proposées aété celui vécu par ce Valpolicella et la viande des Grisons. Affectivement, j’ai pourtant bien approuvé les saveurs toscanes du Pulcino sur ce même plat. La sauce était parfumée d’huiled’argan (découverte très récemment… elle crée des prodiges en cuisine) au jus de poulet, et admettait totalement le fumé quelque peu rancioté dece 85 !Comparaison avec un second Amarone

























6-
le Villa Bella Fracastoro,1999.
Nez agrumé, très épicé (poivre et baie de Setchouan), branche de sureau, écume de cassis cuit, rose et jasmin. La bouche est plus ronde que pour le précédent Amarone, plus acidulée, plus expressive, et n’est pas en reste de réglisse, de caramel et de torréfaction. Les tanins souples et soyeux font danser la sarabande aux fruits frais et rouges, en particulier la framboise, et la cerise.Ce vin n’a pas été accompagné de plat… il a juste permis de plaisir de la dégustation et de la confrontation avec ses deux précédents compatriotes.

 
Entracte vinique… avant l’intermède culinaire d’une panacotta à la framboise et à la
mangue servie avec des cigarettes russes fourrées à la framboise

Les trois desserts ont été servis en même temps. Les coques de meringues étaient parfumées à la vanille et au jus d’ananas, l’ananas était nappé de cette même
meringue,mais à l’italienne, les pêches étaient saupoudrées de feuilles de tilleul, puis rôties, et le sabayon de mangue était confectionné avec de la liqueur Merlet de pêches de vigne. Les saveurs se complétaient donc.

Les deux Sauternes ont donc tout naturellement été offerts simultanément (ils ont été dissimulés pour tenter de convenir du meilleur accord). Mathématiquement, six combinaisons d’accords. Poétiquement, correspondances baudelairiennes infinies des esculences fruitées et florales avec les vins…Et… dois-je le confesser… je suis incapable de me prononcer sur le plus beau mariage du verre et de l’assiette

 

L’harmonie gustative est bien là, magnifique, exubérante parfois. Les meringues,disposées à la nage dans le sabayon, se fondaient délicatement, dansl’éclosion d’un fruit frais ragaillardissant l’acidité et la fraîcheur des vins. Plaisir buccal des consistances,celle des chairs souples des fruits, celle du croquant de la meringue et des feuilles de thélégèrement caramélisées, et celle dumoelleux du sabayon.

7- La Tour B lanche,, 1990,est admirable. Etonnant. En raison de notes  odorantes très douces de sève de pin. La  liqueur est imposante, fraîche, et prescriptive  d’une tenue en bouche tendue, raide, mais  digne et pleine d’allégeance pour la subtilité du fruit. Pour moi, un vin magnifique.

8- Rabaud Promis,, 1990Je le retrouve  tel que je l’avais découvert : exhalaison  florale de magnolia, d’encens, d’encaustique  et en bouche, le croquant de l’ananas, de  l’orange confite et de la pâte sablée. Le  lendemain, les saveurs sont celles du calisson d’Aix, et je retrouve la marmelade de melon. Peut-être, mais rien n’est moins sûr, la pêche confite. Plus de rondeur que pour le précédent, un équilibre remarquable pour une longueur des plus satisfaisantes, partition baroque de RP pour contrer le classicisme de La TB. Deux grands vins, et s’il m’a été difficile réellement de m’annoncer pour l’un ou pour l’autre en terme de meilleure alliance, sans doute est-ce en raison d’un coeur zélateur desSauternes… Tous me plongent dans la philosophie mystique qu’inspire la complétude aromatique associée à la volupté du trait en bouche. Pour autant, et donc plus unanimement, les mangues se sont davantage appréciées avec le RB.


CONCLUSION

D’abord, je tiens à remercier mes commensaux (s’ils me lisent…).
Vibrante et ardente
discussion animée par la passion et le plaisir de nous retrouver.

Ensuite, à la tentative oecuméniste des cuisses de grenouille au parmesan et de l’Amarone,nos assiettes se sont trouvées en totale rupture, et ont crié à l’hérésie et à la forfaiture ! Je souhaitais donc m’excuser d’avoir imposé une telle gabegie !

Mention spéciale, et unanime, pour Château Grillet avec la lotte rôtie… mais tous les vins ont eu l’approbation de leur générosité et de leur charme. Découverte des fragiles appas du Meursault de Roulot qu’il s’est agi d’apprivoiser sur une assiette à la fois sobre en saveur, mais riche en texture.

 


 

 

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Juillet 2010:

Volnay 1er cru Jacques Prieur 1999 *C . Nez de petits fruits rouges et de ronce. Bouche fraîche et tendue d'où ressort une belle minéralité des notes de cerise, une acidité fine et une belle persistance.

Beaujolais Blanc Jean-Paul Brun 2009 A+ . Beau nez floral sur l'acacia, belle maturité ronde en bouche, structure à la fois élégante et riche.

Syrah Domaine Gerin 2007*B- . Nez marmelade de fruits rouges, épices, frais et riche . Bouche au fruité mur, juteux, matière dense et d'une fraîcheur remarquable... une petite syrah largement à la hauteur de grandes apellations du Rhône Nord

St Aubin blanc 1er cru en remilly Olivier Leflaive 2007 *B . Nez  floral et fruité , très belle finesse aromatique , miel d'acacia et leger grillé d'élevage noble. La bouche est délicate et tendue, fraîche et contenue sur de belles saveurs finement beurrées, l'ensemble est à la fois incisif et charmeur.

Photo-3 0115Château Taillefer Pomerol  A. Moueix 1970 * E . Belle robe aux reflets acajou, encore dense et foncée. Les arômes évoluent par palier des notes de terre mouillée, humus, tabac brun épicé, petits fruits rouges aux superbes élans grillés d'une classe folle. La bouche est soyeuse, marquée par un boisé fin et une belle persistance tourbée. Finesse, élégance et longueur, vin qui marque les esprits. Le plus beau et le meilleur rapport qualité prix des 1970 dégustés à ce jour: un peu plus sèveux que Cheval Blanc, moins acide que Léoville-Poyferré et toujours fringuant contrairement à Cos d'Estournel et Angelus sans vie!

Château Cheval Blanc 1er cru classé St Emilion 1970 * P . Robe légèrement tuilée, nez épicé frais subtilement mentholé .La bouche comme le nez évolue vite vers du caramel aux notes grillées et encore des épices... une finale sur un beau boisé exotique ,noyau de cerise, bâton de réglisse et intense émotion.

Fiano de Avellino DOCG Bianco Enodelta de Antonio Caputo. Afragola (Napoli) 2007 *A. Nez frais, floral et fruité sur de belles notes d'amande  et d'agrumes. La bouche à l'entame  fine et charmeuse  garde une trame finale austère d'une  noblesse  proche d'une Marsanne,  aucune sévérité cependant, ni aucune lourdeur dans ce vin rond et frais de très bon rapport qualité prix

Les Tourelles de Longueville ( second de Pichon Longueville Baron 2ème C.C) Pauillac 1999 *D. Nez parfumé et profond, framboise, cassis. La bouche témoigne d'une intensité et d'une finesse de texture de grande allure, cassis, bois exotique, et finale réglissée .Vin aux tannins souples, fins et distingués qui revendique avec fierté sa noble origine.

Champagne Drappier "cuvée d'exception" Millésime 2002 * C . Champagne de charme sur un très beau millésime. Nez à la fois rond et racé, céréales et fruits blancs; la bouche à l'entame fraîche et ciselée démontre beaucoup d'éclat et de caractère dans sa précision, sa tension fine et son acidité qui la porte en longueur. Vin d'avenir dégusté sur sa jeunesse.

La Goulée " by Cos d'Estournel " 2ème C.C " Médoc 2006 *A .Robe foncée, presque noire. Nez riche, concentré en maturité et en richesse aromatique, plus confit que complexe. La structure moderne s'affirme également en bouche avec un manque d'élégance mais un fruité puissant.

Riesling GC Shoenenbourg Dne Mittnacht-Klack 2002 *B. Nez complexe sur un beau gras beurré teinté de notes d'agrumes. La bouche reflète bien plus l'opulence d'une belle structure que l'on peut juger tannique malgré que ce soit un vin blanc, que la tension du Riesling. Très longue rémanence en finale sur un gras toujours présent et de magnifiques notes salines.


Tast

  2008          2009          2010

MG 9548  MG 9559  MG 9548


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* Codification du prix de vente moyen:

A: inférieur à 10€ . B: entre 10€ et 20€.
C: entre 21€ et 30€. D: entre 31€ et 40€
E: entre 41€ et 50€ . F: entre 51€ et 60€
G:entre 61€ et 70€. H: entre 71€ et 80€
I: entre 81€ et 90€  J: entre 91€ et 100€
K:entre 101€ et 110€ . L: entre 111€ et 120€
M: entre 121€ et 130€. N: entre 131€ et 140€ 
O:entre 141€ et 150€ . P: supérieur à 150€

Ces tarifs sont donnés à titre indicatif et varient sensiblement en fonction du secteur d'achat ( grande distribution. cavistes, e-commerce, ventes aux enchères , foires aux vins, salons...)

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