Partager l'article ! Les Fleurons du Bordelais, mai 2008: ...Par Isabelle Bordeaux Rive Gauche 1- Château Petit Bocq 2006 – St ...
...Par Isabelle
Bordeaux Rive Gauche
1- Château Petit Bocq 2006 – St Estèphe
Encépagement : 55 % merlot, 43% cabernet sauvignon, 2% cabernet franc
Un nez renfermé qui se tait, et préfère rester dans les coulisses...
La bouche appelle vainement à la cantonade le fruit, mais ne ressort que le brigadier... pour douze coups bien frappés de boisé vanillé lourd, trop dense... trop acide et amer.
Phase ingrate.
2- Château Smith Haut Lafitte, Blanc 2000, Pessac Léognan
Encépagement : 90% de Sauvignon blanc, 5% de Sauvignon gris, 5% Sémillon
Senteurs de groseille à maquereau, légèrement épicées mais maquillées par un caractère empyreumatique saillant.
Une retenue en bouche vive, marquée par un boisé dérangeant qui dissimule les doux amers du pomelo, de l'amande et du noyau. Un vin austère, monolithique encore sur l'élevage.
3- Château Smith Haut Lafitte, rouge 2004
Encépagement : 55% Cabernet Sauvignon, 35% Merlot, 10% Cabernet-Franc
Agréables parfums d'amande et de caramel (avec hélas quelques esquives boisées), que la bouche reprend et réussit à assortir avec le cassis et la myrtille. Du goût de la noisette fraîche et de l'acidité du cassis naissent amertume et fraîcheur. Rien n'éclipse la présence du boisé...Dommage!
4- Château Smith Haut Lafitte, rouge 2001
Un esprit giboyeux, sanguin, aux essences empyreumatiques qui annonce les belles couleurs de ce Pessac. Hélas, la bouche me déçoit, car elle se laisse dominée par une matière trop dense qui ne permet pas la précision aromatique. Le boisé toutefois s'intégre harmonieusement, peut-être parce que la tannicité est très prononcée. Manque de finesse, donc.
5- Château Cantelys, rouge, 2003
Encépagement :70 % cabernet sauvignon et 30 % merlot.
Ouverture immédiate de l'éventail de fruits mûrs, de notes de torréfaction et d'épices. La fraise poivrée ressort nettement.
La bouche se regale de fruits confiturés, mais certaines notes végétales la contrarient. Tannicité douce et plaisante, qui permet toutefois de penser à un vin gagné par sa maturité.
6- Château Cantelys, Blanc, 2004
Le nez dégage un empyreumatique, qui le rapprocherait de notes d'élevage, l'odeur de noisette et la parfum capiteux d'épices poivrées.
La bouche reprend ces saveurs épicées, et les associe au goût de l'amande. Toutefois, dans l'ensemble, la tenue aromatique reste fluette; trop masquée par les notes boisées. L'acidité est suffisamment vaillante pour permettre un maintien en bouche confortable.
7- Amiral de Beychevelle 2004, Saint-Julien
Flaveurs subtiles de fleurs (rose, pivoine), un pue malmenées par le poivre et l'encens.
Une bouche de caractère, tannique et boisée, dotée du goût de froment, de pain grillé et de fruits frais.
8-Beychevelle 2001
De très confidentielles notes florales, expressions boisées agréables, un peu grillées et présence du fruit noir cuit (le cassis, mais comme s'il s'agissait de tisane au cassis, très atténué en acidité et très "bourgeon de cassis").
La bouche, sur des tanins vifs, - à l'acidité bienveillante -, évoque les fleurs de thé séchées, les épices et la cerise à l'eau de vie. Finale sur des amers...
9- Château Moulin de La Lagune, 2002 Haut-Médoc
Un nez timide, renfermé, qui développe des odeurs de pommade.
la bouche est simple, trop simple : teneur sapide orientée vers la cerise kirschée et l'amaretto, et c'est tout!, collée à une expression tannique devenue inerte. Un vin, qui selon les contextes, pourrait néanmoins convenir, parce qu'à défaut d'ambition, il est sympathique.
10- La Lagune 2000
Un bouquet profond, épanoui de capiteuses et envoutantes senteurs florales et d'encens. On lui respire aussi l'orange confite.
La bouche offre un boisé bien fondu et tout en élégance pour supporter les piliers d'une architecture aromatique doucereuse, de la cerise kirschée, et du parfum sucré des caramels, encadrant une
finale aux allonges infinies des nefs de cathédrale.
Bordeaux Rive Droite
11- Château La Marzelle, 2005 St-Emilion
Encépagement : 84% Merlot, 16% Cabernet Franc
Olfaction gourmande et alléchante de saveurs de fruits frais et du clou de girofle. Mais tant en bouche qu'au nez, le vin semble s'être placé dans l'âtre de la cheminée.
12- Château La Marzelle 2001
Expression de fruits frais et de notes grillées un peu éteinte, quelque peu repliée sur elle-même.
Souplesse de bouche garantie par des tanins bien digérés, arômes de pâte de fruits au cassis qui transcendent progressivement des amers de fruits noirs très frais puis d'amande.
13- Château Prieuré La Marzelle, 2004
Echappées olfactives d'un grilloir, puis de noisettes caramélisées, qui vont confirmer un boisé encore trop intense. Toutefois appétissantes touches de réglisse et de frangipane, et puissance tannique rassurante sur le potentiel.
14- Château Perron La Fleur, 2005 Lalande de Pomerol
Encépagement : 100% merlot
Effluves agréables de cassis frais, de sous-bois et d'écorce. La bouche combine acidité et bonne tannicité (le boisé reste bien présent). Elle délivre des amertumes douceâtres de la frangipane, et du fruit. La suavité du merlot et l'expression de fruits frais assez net en font un vin d'une fine gourmétise.
15- Angélus 2004 Saint-Emilion 1er GCC
Curieusement, un nez assez rétif, timide. Il faut débusquer le fruit, en revanche que le boisé fait son apparition.
La bouche est attrayante car elle joue sur des registres boisés qui se teintent de fruits frais, certes d'une fougueuse et rapide apparition, comme la fraise et le cassis, se montre vivifiante et s'étale langoureusement...
... mais paresseusement! Sa gourmandise perd de sa consistance assez rapidement. C'est du grandiose qui cherche à se mettre en place, comme les derniers accords des instruments avant l'attaque de la Neuvième.
16- Angélus 2003
Les expressions boisées, comme pour le précédent, ont l'heur d'être celles raffinées et subtiles du mûrier et du groseillier. Odeur de corn flakes également, de froment ou de sarrasin.
La bouche est de tenue particulièrement agréable, souple mais structurée par une présence tannique à la fois ferme et placide, d'une matière riche, précise en saveurs (fraise, sève, muscade), mais confrontée en finale par les amertumes d'un balsamique. Vin magnifique...
17- Château Figeac, 2004 1er GCC, St-Emilion
Encépagement : 40% Merlot, 35% Cabernet Franc, 35% Cabernet Sauvignon
Nez étonnant de banane (bien mûre, - camphre léger), et de thym grillé.
La bouche est tendue et se finit sur des amers de zeste d''orange. L'aspect camphré s'articule en bouche autour d'impression de graphite, qui apporte une typicité minérale, et plus globalement le plaisir d'un vin racé et élégant.
18-Château Figeac, 2001
Délivrance d'arômes de rose fanée, de cerise confite, de noisettine au chocolat, par ses côtés grillés et taostés, repris à l'exactitude en bouche. Tenue remarquable qui permet d'appuyer des flaveurs kirschées, et finale qui se clôt sur l'orange confite (et figues sèches?). Harmonieuse expression de boisé fin et de tanins lisses, aux contours puissants d'une sanguinité animale qui étaie ce vin de caractère.
19- Château Bellevue-Gazin, 2005 1ères Côtes de Blaye
Encépagement 67% Merlot, 10% Malbec, 10% Cabernet Sauvignon
Nez fruité enveloppé de douces fourrures. Séducteur, donc.
La bouche confirme une animalité bien présente, une marinade viandée de fruits cuits bien digestes, dans laquelle les tanins cherchent à se fondre. Une promenade encore trop boisée, mais agréable.
20- Château Bellevue-Gazin, 2003
Nez sirupeux, qui laisse se soustraire du verre le fruit bien mûr et chaleureux.
Bouche parfaitement équilibrée, maturité des tanins et alcool très souple. Le fruit, d'abord en embuscade, se met sur le devant de la scène pour dompter un léger balsamique, et se livre à la curée de notes animales.
Vin très plaisant.
Le vin que j’ai préféré serait le Figeac 2001. Angélus a semblé avoir souffert des conditions de dégustation et n’a pas répondu à nos attentes.
Globalement, les vins se goûtaient trop jeunes, bien marqués par le boisé. Le millésime 2001 reste très convaincant à côté du 2004.