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Par Isabelle Leclercq....et Charles Beaudelaire
1- Macon-Chardonnay Village « Clos de la Crochette », Domaine des héritiers Lafon 2005
Au nez, se joue une portée aromatique assez saisissante de parfum de violette sur les lignes de laquelle se placent les notes classiques du chardonnay, que sont l’amande et les fragrances lactées de pâtisserie, aux altérations minérales de la craie.
La bouche découvre la fraîcheur florale des roses et de la violette, les gouailleuses confiseries des pâtes de noix de coco à la
réglisse (british liquorice allsort !), aux saveurs sucrées de la fraise et à l’acidulé plaisant de la crème. Des amertumes agréables en finale permettent de prolonger la doucereuse
partition d’un vin pur et d’excellente facture.
2- Meursault Village 2002
Davantage de fruits pour le nez de ce Meursault (fraise, pomme, comme la royale gala très sucrée) qui nous accueille, aussi, les bras chargés de fleurs : lilas, muguet, violette, et fleurs de pommier. La distinction aromatique du toast beurré du chardonnay signe une très discrète présence.
En revanche, ces touches lactées sont très nettes et très précises en bouche ; elles rappellent le lait frais, et la mousse de
lait, apportent légèreté, fraîcheur, et le plaisir gustatif d’une expression pure, pleine de finesse, en exergue d’une concentration minérale qui, en contraposée d’une bienveillante acidité, en
définit rigueur et tension.
3- Meursault Village Clos de la Barre Monopole 2000
Découverte d’un Meursault au raffinement élégant que confèrent précision et austérité d’un empyreumatique sobre et d’un boisé accort : cèdre, sève de pin (léger bonbon des Vosges), fumée et notes de brioche grillée.
La bouche, en réaction contre ce puritanisme annoncé, –réaction certes à tout prendre modérée, car subsistent des notes de tabac et de feuilles séchées et brûlées –, s’accorde les faveurs de la noisette, d’un beurré frais et d’une sapide crème fraîche liquide, dont l’acidulé donne l’impression dans la finale de goûts citronnés.
Le vin définit à lui seul l’oxymore d’un jansénisme sybarite, par les plaisirs raffinés et subtils qu’il dessert.
4- Meursault 1er cru Charmes 2001
Chauds, les marrons chauds ! et autres odeurs captivantes des grilloirs des vendeurs de noisettes caramélisées, de caramels au beurre salé, profusion d’odeurs alléchantes de pain d’épices, et de paniers de fruits secs.
L’éventail olfactif trouve en bouche la juste réplique de ces effluves forains, mais avec grande discrétion : saveurs
lactées, épices douces, comme la muscade ou la fleur de Macis, la sève ou odeur de sapin, et la créosote des fours chauds. Le vin offre fraîcheur, - peu d’acidité -, et douceur. Les règles de la
bienséance pour offrir tout en retenue et sagesse la pétulance festive d’un grand vin, qui ne cède en rien aux mollesses des chardonnays trop denses !
5- Monthélie Les Duresses 1er cru 2004
Jolies teintes de réglisse et de toast grillé beurré, sur fond de fruits acidulés (cranberry / airelle / merise) avec quelques
impressions de poivron rouge. En ressort une bouche qui donne à croquer le fruit rouge savoureux, en particulier la fraise, dont l’acidité se combine avec le goût du bâton de réglisse. Peu
d’extraction dans ce vin, qui bénéficie dès lors d’une grande finesse et d’une grande souplesse.
6- Volnay 1er cru Santenots du Milieu 1999
La minéralité du Volnay se décèle, au nez, par les flaveurs de graphite, mais plus particulièrement d’encre
noire et de buvard. Un parfum très animal de fourrure... que la bouche entreprend de sérier parmi toute une fresque de tableaux de chasse, aux vapeurs terriennes... lièvre, sous-bois, humus... et
feuilles de tabac. Plus de densité dans ce Volnay que dans le Monthélie, sans doute plus d’extraction aussi, mais s’apprécie la délicatesse d’une tessiture aromatique noble, une matière complète
et précise qui s’étire dans une belle longueur, et au final, la quintessence des parfums orientaux riches et triomphants...
Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.
Ch. Baudelaire